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	<title>Rama Yade &#187; Tribunes et discours</title>
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		<title>Rama Yade souhaite apporter les informations suivantes concernant son déplacement en Afrique du Sud suite à l’article paru dans le Canard enchaîné daté du mercredi 16 juin 2010</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 20:03:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leila</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Je souhaite apporter les informations suivantes concernant mon déplacement en Afrique du Sud, à la suite de l’article paru dans le Canard enchaîné daté du mercredi 16 juin 2010 :
Sur l’hébergement :
J&#8217;ai dormi deux nuits à la Résidence de France au Cap et une nuit dans une chambre d’hôte à Knysna, dont le coût s’est élevé à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je souhaite apporter les informations suivantes concernant mon déplacement en Afrique du Sud, à la suite de l’article paru dans le Canard enchaîné daté du mercredi 16 juin 2010 :</p>
<p style="text-align: justify;">Sur l’hébergement :</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai dormi deux nuits à la Résidence de France au Cap et une nuit dans une chambre d’hôte à Knysna, dont le coût s’est élevé à 120 euros. <strong>Je n&#8217;ai donc pas dormi dans l’hôtel mentionné par le Canard enchaîné.</strong> Une pré-réservation de précaution avait été faite par l’Ambassade au début du mois de mai compte tenu des travaux engagés à la Résidence de France et des contraintes hôtelières liées aux réservations durant la Coupe du monde. Le choix de descendre à la Résidence  a toujours été privilégiée. J&#8217;ai donc informé la Ministre de la Santé le 2 juin dernier (donc avant mon avis sur l&#8217;hôtel des Bleus), lors d&#8217;un entretien à son bureau consacré à notre participation à la Coupe du monde, de mon souhait de ne pas loger dans des hôtels onéreux (y compris celui de l&#8217;équipe de France) puis j&#8217;ai demandé l’annulation de ces réservations.</p>
<p style="text-align: justify;">Je tiens à préciser que je n’étais <strong>accompagnée que de trois membres de mon cabinet</strong> (et l&#8217;officier de sécurité).</p>
<p style="text-align: justify;">Sur les vols :<br />
J&#8217;ai effectué cinq vols durant ce séjour : Paris-Londres en classe économique ; Londres-Le Cap en classe affaires ; Le Cap-George en classe économique ; George-Johannesbourg en classe économique ; Johannesbourg- Paris en classe affaires. Au final, <strong>3 vols sur 5 l&#8217;ont été en classe économique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, je tiens à préciser qu’il n’y a eu <strong>aucune séquence privée sur ce déplacement, ni d’invités privés</strong>. Et pour cause!</p>
<p style="text-align: justify;">On est donc loin des constructions imaginaires présentées par le Canard enchaîné.</p>
<p style="text-align: justify;">Faut-il que mon propos sur l&#8217;argent dans le football de haut niveau ait tant dérangé qu&#8217;on cherche à me le faire payer ? A moins qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une manoeuvre de nature politique? J&#8217;ai quelques idées là-dessus.</p>
<p style="text-align: justify;">Bienvenue en politique, les amis!</p>
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		<title>Régionales : Discours au Meeting de Colombes</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 08:52:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leila</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Chère Valérie, sache qu’ici, dans notre département des Hauts-de-Seine, tu n’es pas n’importe où ! Ici, tu es dans le plus petit des départements d’Ile-de-France mais pas le moins intéressant.
Ici, la politique est une passion. Ici, tu es sur une terre gaulliste, ce gaullisme social qui fait qu’on a de l’ambition pour le département mais sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chère Valérie, sache qu’ici, dans notre département des Hauts-de-Seine, tu n’es pas n’importe où ! Ici, tu es dans le plus petit des départements d’Ile-de-France mais pas le moins intéressant.</p>
<p>Ici, la politique est une passion. Ici, tu es sur une terre gaulliste, ce gaullisme social qui fait qu’on a de l’ambition pour le département mais sans jamais oublier ceux qui ont peu.</p>
<p>Ici, des figures tutélaires ont rythmé la vie du département : Lagravère, Graziani, les résistants Baumel, Pasqua. Ici, a commencé la belle épopée de Nicolas Sarkozy. Ici, les petites histoires donnent toujours de grandes histoires.</p>
<p>Ici, nos élus se veulent farouchement indépendants. C’est qu’ils furent à l’origine des conquérants. Que de bastions firent-ils tomber ! On ne leur a rien donné. Ils ont tout été chercher : les Santini à Issy-les-Moulineaux, les Balkany à Levallois-Perret, les Pemezec au Plessis, les Devedjian à Antony. C’étaient les années 80-90, les gamins insolents partirent à l’assaut, sans tabous, sans complexes, n’écoutant pas leurs pères, sûrs de leur fait, car n’ayant rien à perdre. Depuis, ils ont fait de leurs villes des lieux de vie que tous nous envient. D’autres ont suivi comme Pierre-Christophe à Boulogne, Joëlle à Puteaux, Eric à Saint-Cloud. Et demain, Jean, Thierry et tant d’autres qui se battent jour après jour pour faire avancer le département.</p>
<p>Ici, Valérie, tu es aussi sur une terre de culture : à Sceaux, rôde encore le souvenir de la duchesse du Maine. Ici, Madame Pompadour a inspiré la Manufacture de Sèvres. Ici, Joséphine a habité Malmaison. Et Chateaubriand, dont la demeure se visite encore à la Vallée-aux-Loups, Corot à Ville-d’Avray, Albert Khan, ce riche banquier, lui a laissé à Boulogne ses jardins extraordinaires, Charles Péguy à Bourg-la-Reine, Paul Léautaud à Fontenay-aux-Roses et Céline, né à Courbevoie, avant de devenir médecin à Clichy, et de vivre dernières années à Meudon. Ici, Van Gogh a peint Les Usines d’Asnières et Claude Monet le Petit Gennevilliers. Nous sommes un territoire vivant et porteur de culture.</p>
<p>Ici, nous ne sommes pas le département le plus riche de France, comme on le dit à tort. Si certaines de nos villes connaissent un dynamisme économique grâce à l’imagination et au talent de leurs maires, d’autres n’ont pas cette chance, comme Colombes, comme Clichy cher Patrice Pinard, comme Bagneux, comme Nanterre cher Frédéric Lefret, comme Clamart cher Jean-Didier Berger, comme Fontenay cher Emmanuel Chambon, comme Gennevilliers chers Christian et Jacqueline Clero, comme Malakoff cher Thierry Guilmart. A travers des villes comme Colombes qui restent à conquérir, ce sont ces villes minoritaires, chère Valérie, chère Nathalie, chère Chantal, que vous honorez ce soir, pour que demain, la région soutienne les projets qui les concernent.</p>
<p>Car, ici, dans les Hauts-de-Seine, le plus grand quartier d’affaires côtoie des quartiers populaires qui n’en sont pas moins aussi l’incarnation de l’avenir d’un département métissé, à tous points de vue.</p>
<p>Car, on ne comprend les Hauts-de-Seine quand on les regarde au fond des yeux. Les Hauts-de-Seine sont un département qui se mérite. Que de combats à mener pour en être ou y rester.</p>
<p>Et dans cette bataille, Valérie, tu peux compter sur nous. Cela fait des mois que nous sommes mobilisés.</p>
<p>Nous voilà à 5 jours du premier tour de ce combat essentiel que tu as engagé. Une campagne est un défi et une épreuve. Un défi, car l’enjeu est de taille : déloger l’homme qui, depuis 12 ans, n’a pas su donner à l’Ile-de-France l’ambition qu’elle méritait. Une épreuve, car ta candidature est la candidature historique d’une femme engagée, courageuse à bien des égards, et qui peut présider aux destinées de plus de 11 millions de personnes, de la première région d’Europe.</p>
<p>Car, comme le disait le Général de Gaulle, « <em>la politique, quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c’est une action pour un idéal à travers des réalités</em> ». L’idéal, c’est l’unité de l’Ile-de-France. Avec ses 8 départements, ses pavillons et ses quartiers populaires, ses forêts et ses centres urbains d’envergure internationale, l’Ile-de-France peut être portée par un idéal nouveau : celui qui consiste à changer la vie de ses habitants et à lui donner une ambition nouvelle avec le Grand Paris.</p>
<p>Les réalités, c’est le bilan de la région : la flambée des prix de l’immobilier, 1h30 de transports en moyenne par jour, 46% de hausse d’impôts. Les réalités, c’est une région riche mais qui ne fait pas le bonheur de ses habitants.</p>
<p>Les exigences d’un grand peuple sont à l’échelle de ses malheurs. Les exigences d’une région aussi. Et les Franciliens en ont. Nous les avons écoutés. Pendant de longs mois, dans les salles franciliennes, Valérie, tu as construit pas à pas ton projet. Tu as bâti des propositions. Tu as ausculté les gares, les lycées et les centres d’apprentis. De longs mois durant, tu as parlé stratégie, tactique, comme un chef de guerre face à une bataille historique.</p>
<p>Et, nous voici, aujourd’hui à Colombes, demain à Neuilly. Colombes/Neuilly, les deux faces de la même médaille du 92.</p>
<p>Colombes. Ci-devant avec ses 83.000 habitants, la 4<sup>ème</sup> ville des Hauts-de-Seine et dont j’ai l’honneur d’être conseiller municipal. Il y a des fidélités qu’expliquent non seulement le respect dû aux électeurs qui m’ont élue mais également des racines établies sur sa ville depuis 1987. C’est ici que la déracinée que je suis s’est construite. C’est ici que, refusant la facilité, j’ai décidé d’avoir mes premiers engagements politiques. Et bien que ce ne soit pas toujours facile, car nous ne sommes pas aux affaires, j’y suis bien et j’ai de l’ambition pour elle.</p>
<p>Comment ne pas en avoir pour la ville qui abrite le mythique Stade olympique Yves du Manoir, où le Racing Matra fit la gloire du football et où, en rugby, le Racing Metro 92 et Chabal fait sa gloire actuelle. Et il faut que cela dure ! Alors, Valérie, ici on croit au Grand Paris ! Et parce que nous y croyons, nous te demandons de te battre pour que Colombes entre dans les plans de la Région avec une desserte meilleure du stade Yves du Manoir, tout comme doit être prévue la desserte de Villeneuve la Garenne et Gennevilliers. L’avenir du Stade Yves du Manoir doit être intégré dans les grands dossiers régionaux. Car, dans ce domaine, la région est un acteur clé.</p>
<p>Colombes c’est la ville aux 6000 pavillons qui côtoient des quartiers plus difficiles comme le Petit Colombes, les Grèves ou les Fossés Jean. Colombes, c’est à elle seule une petite Ile-de-France.</p>
<p>En matière de transports aussi, les problématiques de Colombes par rapport à la Région sont les mêmes que celles des villes de la proche couronne parisienne. Mais Jean-Paul Huchon et sa majorité PS-Verts-PC n’ont apporté aucune réponse : Colombes, comme Villeneuve et Gennevilliers se trouvent sur l’Axe La Défense-Roissy. Un axe complètement saturé qui absorbe en plus le flux de sortie de l’A 15, et sur lequel, face à la passivité de M. Huchon, nous pouvons agir.</p>
<p>En matière de gares, la  situation s’est dégradée au niveau du trafic, de la fréquence et du confort qu’il s’agisse du matériel roulant ou des gares : à la gare des Vallées, l’absence d’une passerelle digne de ce nom empêche la circulation des personnes âgées et des mères de famille. Pour faire sa campagne électorale, Jean-Paul Huchon est venu : il est venu, il a vu, il est parti en disant qu’il avait pour s’en occuper…. jusqu’en 2015. On ne l’a plus revu. Le T1 qui prolonge jusqu’à Asnières-Genevilliers ? Un tracé absurde qui oublie un quartier de 10 000 habitants dépourvu de transport ? Le métro ? Colombes la seule ville d’importante de la petite couronne à ne pas être desservie. Et Colombes mérite le métro ! Comme Colombes mérite un second lycée public car il n’est pas normal qu’une ville de 84.000 habitants n’en ait qu’un seul ! Comme Colombes mérite qu’on relance la construction de logements étudiant : c’est une ville jeune qui offre l’espace foncier pour cela ! Et l’Université de Paris Ouest Nanterre se situe aux portes de la ville. Notre projet prévoit de doubler le nombre d’écoles de la deuxième chance. Compte tenu du nombre élevé de jeunes ici, une telle école aurait beaucoup de sens dans notre ville.</p>
<p>Alors certes, nous sommes dans une élection régionale et non municipale. Mais le devoir de la région dont tu peux demain être la présidente, c’est bien de tenir compte des villes comme celle-ci. Je sais qu’avec toi, les villes dont le dynamisme est entravé par la faiblesse de certains maires socialistes trouveront une oreille attentive.</p>
<p>En attendant, c’est une équipe qui veut sortir les sortants qui est aujourd’hui rassemblée pour te soutenir dans ces derniers jours qui nous séparent du premier tour.</p>
<p>Je voudrais tout particulièrement remercier Chantal et Nathalie d’avoir accepté de venir à notre rencontre. C’est une preuve de solidarité et de fraternité que nous n’oublierons pas. Mais je ne peux pas rendre le micro sans remercier aussi nos co-listiers que je suis fière de côtoyer dans cette liste du 92. Et dire à André qu’il n’y a pas meilleur tête de liste qu’un homme, un centriste doublé d’un humaniste dont la popularité auprès de la population ne se dément pas. Je veux également saluer chaleureusement Roger Karoutchi, notre collègue de circonscription, à Villeneuve, mais surtout président du groupe de l’opposition au Conseil régional. Pendant 12 ans, il a ferraillé, il a proposé, il a accompli d’exceptionnelles réalisations. Et depuis le début de cette campagne, il s’est dépensé sans compter, de meeting en meeting, de marchés en marchés, de gares en gares.</p>
<p>Je ne veux enfin surtout pas oublier les centaines de militants et de sympathisants qui se mobilisent depuis tant de temps, sacrifiant une partie de leur vie familiale, se mobilisant par temps de froid et de gel, pour être au rendez-vous de la région. Qu’ils soient remerciés de tout cœur pour leur fidélité et leur force de convictions.</p>
<p>Car, ils n’ont qu’un seul objectif, te faire gagner Valérie !</p>
<p>Et, ne nous y trompons pas, nous ne sommes pas les sortants. Les sortants, ce sont les socialistes ! Nous sommes les outsiders. Nous ne sommes pas non plus les favoris. Tant mieux ! J’ai appris en sport, qu’il vaut mieux être challengers ! Et nous sommes les challengers. Ceux qui parlent de grand chelem avant même que les urnes aient parlé, font peu de cas des électeurs. Nous n’aurons pas cette arrogance : mais de l’humilité et de la détermination, nous en aurons avec pour seul souci celui de servir et d’améliorer la vie quotidienne des Franciliens.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
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		<title>Congrés national des associations de supporters de football</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 17:16:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leila</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>
		<category><![CDATA[Football]]></category>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.rama-yade.fr/2010/02/01/congres-national-des-associations-de-supporters-de-football/"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2010/02/MG_0057-300x199.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="Discours en tribune" /></a>[ 1 février 2010; 18 h 00 min; ] Messieurs les présidents de la Ligue Professionnelle de Football et de l’Union des Clubs Professionnels de Football, chers Frédéric Thiriez et Jean-Pierre Louvel ;

Mesdames et Messieurs les représentants des instances nationales et internationales du football, Mesdames et Messieurs les représentants des clubs et des associations de supporters y compris handicapés, Mesdames et Messieurs les membres des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="lightbox" title="Discours en tribune" href="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2010/02/MG_0057.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2349" title="Discours en tribune" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2010/02/MG_0057-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Messieurs les présidents de la Ligue Professionnelle de Football et de l’Union des Clubs Professionnels de Football, chers Frédéric Thiriez et Jean-Pierre Louvel ;</p>
<p>Mesdames et Messieurs les représentants des instances nationales et internationales du football, Mesdames et Messieurs les représentants des clubs et des associations de supporters y compris handicapés, Mesdames et Messieurs les membres des délégations allemandes, belges et européennes, des associations de lutte contre les discriminations, Mesdames et Messieurs les experts, les magistrats et fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et du ministère chargé des Sports, Cher Nicolas Hourcade,</p>
<p>J’ai voulu cette journée comme une main tendue, un espace constructif et respectueux de dialogue entre les associations de supporters, les instances de football, les pouvoirs publics. Ce premier Congrès est un très grand succès – peu l’auraient parié &#8211; au regard de votre présence nombreuse et de votre participation active, et vous l’avez fait. Evidemment, lorsque nous avons eu cette idée un peu folle il y a quelques mois, une minorité seulement croyait en la possibilité de dialoguer. Mais je pense que nous avons eu raison de faire confiance aux associations de supporters, sans a priori, et je voudrai d’ailleurs à ce sujet remercier les chevilles ouvrières de ce premier Congrès, mon directeur de cabinet Hugues Moret, de même qu’Eric Walter et Bertrand Pirel, ainsi que Nicolas Hourcade qui a accepté d’être le commissaire général du comité de pilotage qui travaille depuis plusieurs mois à la préparation de cette journée.</p>
<p>Je viens d’écouter avec une très grande attention les résultats de ce travail, et ma première réaction est de dire que « le jeu en valait la chandelle ». Car c’est bien la même passion qui nous réunit, celle du football. J’ai entendu beaucoup d’espoir, la volonté de s’impliquer, de bien faire, d’être utile et constructif. Et j’ai aussi entendu l’appréhension, la frustration de certains, et quelquefois le découragement. Mais je voudrais dire une chose : rien de tout cela ne justifie les embrasements de violence qui enflamment régulièrement nos stades. Notre passion c’est le sport, et aucune passion ne s’exprime ni ne s’exalte dans la violence. Celle-ci est tout simplement inacceptable. Rien ne peut la justifier ou l’excuser. La passion du jeu, ça n’est jamais la passion de la violence.</p>
<p>Il faut préserver le sport et le protéger de ceux qui le ruinent. C’est la direction politique que nous avons prise dans cette question essentielle de la sécurité et de la sérénité des matches de football.</p>
<p>Dans cette politique, quelle est ma tâche ? C’est de prévenir cette violence en cherchant par tous les moyens possibles à en résorber les causes, en étroite coordination avec mes collègues de l’Intérieur et de la Justice. Cette chose doit être bien claire : j’appuie sans réserve leur action et  je salue l’énergie et le volontarisme avec lesquels ils se sont attelés à cette responsabilité difficile et souvent ingrate. Réprimer n’est pas un but en soi ; en revanche, au point où nous en sommes arrivés c’est la seule solution face à certains comportements.</p>
<p>Je sais que beaucoup d’entre vous, clubs comme supporters, sont venus avec à l’esprit les précédentes tentatives de dialogues restées sans résultat. Parce qu’il n’existe pas seulement la répression, le dialogue est également possible, avec les supporters, avec les amateurs de football. Je sais aussi que tous : ligue, clubs, supporters, vous avez à un moment ou un autre été à l’initiative de tentatives passées, d’instaurer un dialogue de ce type. Je salue cette volonté que vous avez eue en son temps et je tiens vraiment à vous remercier très sincèrement, vous tous qui êtes ici aujourd’hui, de la confiance que vous avez placée en ce congrès en acceptant, une nouvelle fois, de vous remettre autour de la table du dialogue, pour la première fois sous l’égide des pouvoirs publics et avec leur participation active. Il s’agit d’un signe de confiance, et croyez bien qu’elle est réciproque. Et je sais que pour vous tous, représentants des associations de supporters, cette confiance a pris une vraie dimension concrète : vous êtes tous bénévoles et votre présence ici a pu être possible au prix de jours de congés et de frais de déplacement payés de votre poche. Je sais la signification de cet effort important. J’y vois votre ou notre volonté commune de défendre ce sport qui nous passionne et devrait nous rassembler: le football.</p>
<p>Ce sport il faut le défendre contre ses démons, car ils font des morts et des blessés. C’est inacceptable. Je tiens à rendre un vibrant hommage à  ces hommes ou à ces femmes, membres des forces de l’ordre, joueurs, supporters, cadres, arbitres, qui ont été frappés dans leur chair ou dans leur cœur, victimes de la délinquance ou de la discrimination. Nous ne les oublions pas, car ils ont payé au prix fort, et parfois de leur vie, leur passion du sport et du football. Par respect pour eux, nous avons l’obligation d’avancer et de réussir. Je vous demande de vous souvenir d’eux pour savoir, pour ceux qui en ont, passer outre vos réserves. Je vous demande de la fraternité dans le processus que nous avons lancé, et je sais que votre seule présence prouve que vous y êtes prêts. Alors faisons le pas, il est largement temps.</p>
<p>Nous sommes tous des passionnés de football, comme je l’ai dit. Cela signifie que nous voulons la victoire de nos clubs. Ou, à défaut de victoire, le souvenir de ces matchs de légende dont la mémoire traverse les générations. Alors soyons lucides : la recrudescence grave des violences dans le football n’a qu’un seul résultat : des défaites et un spectacle sportif défiguré. Des défaites en cascade même ! Il y a moins de spectateurs à nos matches aujourd’hui, nos clubs sont doublement voire triplement pénalisés économiquement par le coût des violences, nos résultats en pâtissent, toute la compétitivité du football français en paye le prix. Et il peut être lourd. Très lourd.  Et il est lourd pour l’Etat, en termes de mobilisation et de ressources. N’attendons pas un nouvel Hillsborough  et ses 96 morts pour agir. Moi-même, j’ai du expérimenter la mort d’un supporter loin de nos frontières, et je peux vous dire que devant les parents, c’est tout sauf facile. Je ne veux plus jamais revivre ça, et en particulier en France.</p>
<p>Cet immense gâchis, nous pouvons l’arrêter tous ensemble. Une fois de plus, votre présence ici prouve notre volonté commune. C’est tout l’esprit du processus lancé depuis le mois d’octobre. Alors aujourd’hui nous franchissons une étape majeure. Ce que nous faisons, c’est la rédaction en commun de ce qu’on pourrait appeler le 1<sup>er</sup> livre vert du supporterisme dans le football français. Autrement dit, la rédaction d’un état des lieux objectif de la situation, dans ses aspects positifs comme négatifs, pour élaborer des propositions concertées  permettant de remédier aux aspects négatifs. Pas simple ! Mais si c’était simple, nous ne serions pas là aujourd’hui.</p>
<p>Nous ne sommes pas réunis pour annoncer aujourd’hui des résultats, ni des décisions définitives. La prévention ne se fait pas du jour au lendemain,  cela passe par le dialogue, la confiance, un travail de longue haleine, un travail difficile. Nous sommes donc au début du processus. Ce premier Congrès est un point de départ, il représente un travail de plusieurs mois, pour aboutir aux propositions tant attendues et que nous construirons ensemble. Ce ne seront pas les pouvoirs publics, ni les guides ni les instances qui vous dicteront quoi faire. Nous voudrions que les associations de supporters y soient associées, et ce pour une seule raison : pour que cela fonctionne.  Le début du processus signifie aussi qu’il faut conserver l’élan. Je suis aussi venue vous dire à quel point j’attache de l’importance à ce processus, faire avec vous le point sur le travail réalisé depuis plusieurs mois et tracer les grandes orientations du travail qui reste à faire. Ce travail n’est pas isolé : il s’inscrit dans une analyse plus générale de tout ce qui conduit à la violence dans le sport, et de tout ce qui permet d’y remédier. Je pense là à toutes ces initiatives de terrain développées par  les associations ou par les clubs. Elles sont aussi nombreuses que méconnues et je n’accepte pas l’idée d’un monde où l’on parle tout le temps des dérives extrêmes de quelques uns en oubliant systématiquement les efforts constructifs d’une très grande majorité.</p>
<p>Dès ma nomination au secrétariat d’Etat, j’ai confié à l’inspection générale de la jeunesse et des sports la mission d’un recensement systématique de ce qui fonctionne, des initiatives à recommander, des moyens à mettre en œuvre afin de mieux les valoriser et mieux les appuyer, pour obtenir des  résultats plus larges.</p>
<p>Ce travail vient d’être terminé et vous en avez eu un aperçu tout à l’heure. Il ne concerne pas que le football et les supporters, je viens de recevoir le rapport de ces préconisations qui seront rendus publics dans les semaines à venir : elles m’ont d’emblée semblé concrètes, originales, et très prometteuses. C’est un motif supplémentaire pour aller de l’avant. Qu’il s’agisse de notre réunion ou de la qualité de ce rapport, nous avons en main de sérieux et solides outils pour construire.</p>
<p>Car la tentative que nous menons est bien celle d’un dialogue global, pour poser sur la table tous les sujets et toutes les questions en s’appuyant sur une méthode simple : privilégier le travail de fond, même si c’est à contre-temps de l’emballement de l’actualité. Il faut pouvoir s’arrêter quelquefois pour observer, étudier, comprendre, dialoguer. C’est le choix que j’ai fait.</p>
<p>Le corollaire de ce choix c’est le rejet absolu de toute forme d’amalgame et de simplification. Il y a de multiples formes de « supporterisme ». Le monde n’est pas binaire. Je dis, moi, qu’il y a des « ultras » qui rejettent la violence comme il y a, aux côtés des « ultras », d’autres supporters qui ne se reconnaissent pas en eux ; et comme il y a, aux côtés des ultras et des autres supporters, un public qui aspire tout simplement à vibrer en paix au rythme du jeu. Bref à aller au stade, souvent en famille, sans  redouter les violences.</p>
<p>Je dis aussi que c’est le droit le plus strict de tout président de club de décider avec son conseil d’administration de la place qu’il accorde, ou non, aux représentants de son public comme à ses supporters, et ce droit personne ne vient le lui contester ; il y a des policiers et des gendarmes qui font un travail extraordinaire et on oublie souvent d’en parler ; il y a des responsables de sécurité comme des stadiers qui mériteraient d’être décorés pour leur implication généreuse et totale.</p>
<p>Alors, oui, je sais qu’il y a les autres, ceux qui ne s’interdisent pas la violence au nom d’une pseudo nécessité qu’ils s’inventent eux-mêmes, d’une pseudo « loi du talion » qui les autoriserait à s’affranchir des règles et de la loi. Ceux-là s’excluent d’eux-mêmes du supporterisme !</p>
<p>Ce processus que nous avons lancé s’appuie sur 5 principes intangibles.</p>
<p>Le premier principe est le respect absolu des droits et des devoirs de chacun. Cela peut avoir l’air simple dit comme ça. Ça ne l’est pas. Les supporters ne sont pas des sous-citoyens, ils sont comme nous tous avec les mêmes droits et les mêmes obligations que leur confère la loi Je ne plaisante pas avec ces droits, je demande aux présidents des clubs de les respecter, sur tout le territoire, pour tous les supporters. Je n’accepte pas l’idée qu’un citoyen n’accède pas aux mêmes droits selon qu’il est spectateur ou supporter de tel ou tel club.</p>
<p>Le second principe est celui de la liberté et de la responsabilité. Dans la sphère privée, chacun est libre de ses actes et sa responsabilité est d’agir dans les limites de la Loi. Lorsque ces limites sont respectées, rien ne justifie d’intervenir pour contraindre d’une quelque façon que ce soit les actes et décisions privées. Ce principe vaut pour les clubs qui sont tous, je le rappelle, des structures privées. Je ne m’immiscerai pas dans leur gestion. Que ce soit bien clair.</p>
<p>Mais le troisième principe est celui du respect absolu de la loi. Il est le socle des deux précédents. Il est non négociable. La Loi s’impose à tous, c’est la colonne vertébrale de la République et les stades sont des espaces républicains. Je redis donc mon total soutien à la répression la plus ferme contre toutes les formes de délinquance et de discrimination, notamment l’homophobie, et je l’illustre concrètement en vous disant que tout groupe qui participe ou provoque des violences verbales ou physiques pendant le processus de dialogue s’en trouverait immédiatement exclu. Il faut savoir choisir de quel côté de la Loi on se trouve. Vous êtes aujourd’hui face à ce choix. J’en appelle au sens des responsabilités.</p>
<p>Le quatrième principe est celui de la justice. Celle-ci doit être ferme, c’est vrai, mais la peine doit être proportionnelle à la faute. Je sais que certains ont un sentiment d’incompréhension face à des peines telles que les interdictions administratives de stade, pour les uns, les pénalités financières, pour les autres. Ces peines, si elles sont nécessaires, elles doivent être justes et proportionnées. Il est nécessaire aussi qu’elles soient argumentées de la manière la plus détaillée possible pour qu’elles puissent être comprises. La justice oui, mais une justice comprise par les supporters.</p>
<p>Le dernier principe enfin c’est tout simplement le respect de l’autre. Toutes les discriminations, qu’elles soient racistes ou homophobes par exemple, sont des dénis de valeurs. J’ai volontairement choisi de donner aujourd’hui la parole à la LICRA et à l’association Paris Foot Gay pour qu’elles exposent leurs combats parce qu’il y a encore de nombreux tabous à lever. Ces exclusions sont source de souffrance, de détresse, de désespoirs. Ce n’est pas ma vision de la fraternité. Ce n’est pas ma vision du sport ni de la République.</p>
<p>Voilà presque un siècle que sont nés les supporters. C’était à l’époque de petits groupes de personnes qui s’organisaient pour apporter une aide sociale et économique aux clubs et aux joueurs. Ils défendaient le jeu. Aujourd’hui le football a grandi. Ses responsabilités économiques et sociales ont pris une dimension mondiale considérable, mais le désir de participer est toujours aussi vivace dans nos cœurs qu’il l’était dans celui de nos aînés. Le chantier que je vous propose donc désormais c’est de reconstruire peu à peu le pacte qui unit le jeu à son public et parmi ce dernier, les plus impliqués que sont les supporters.</p>
<p>Voilà la feuille de route des mois à venir et qui devra guider les groupes de travail qui vont être constitués pour approfondir les résultats de cette journée : trouver les voies qui permettent à ce désir de participation de s’exprimer et celles qui permettent de rejeter cette minorité qui plonge le jeu dans le chaos de la violence.</p>
<p>Il a fallu un énorme travail pour arriver à cette journée, il en faudra encore beaucoup pour continuer à travailler avec les groupes constitués, et je tiens à en remercier très chaleureusement tous les participants à commencer par vous, cher Nicolas Hourcade, qui avez mis tout votre savoir, toute votre énergie, toutes vos convictions au service de ce projet un peu fou que je vous avais présenté il y a quelques mois et vous avez eu la gentillesse d’accepter d’y participer. Il va vous falloir encore un énorme travail d’ici à la fin de la saison, mais j’ai cru comprendre que ce n’était pas inutile de prouver à vos étudiants que la sociologie peut être utile. La sociologie, comme la politique c’est de la pensée traduite en action. Je suis donc bien contente d’y contribuer en vous donnant encore ce surcroît de travail</p>
<p>Les exemples internationaux que nous avons entendus sont utiles. On voit que les européens ont pris beaucoup d’avance sur nous. Cela ne signifie pas qu’il faut les reproduire à l’identique, mais ça montre bien que l’expérimentation n’est pas toujours vouée à l’échec et que si chacun s’y engage avec détermination et confiance, nous pouvons y arriver et garantir la sécurité des clubs et la liberté des supporters. Ils montrent aussi toute l’utilité des représentations organisées de supporters pour parvenir à poursuivre durablement dialogue et compréhension mutuelle, sans oublier le respect. J’appelle de mes vœux de telles représentations en France. Pas forcément une seule, mais suffisamment structurées pour que leur parole soit représentative, et leurs engagements respectés par les pouvoirs publics.</p>
<p>Nous sommes aujourd’hui face à un défi pour donner au mot « supporter » ses lettres de noblesse, respectables, et effacer la honte dont certains voudraient l’entacher. Le mot « supporter » est un beau mot, l’action du supporter est une belle action. C’est un défi immense que ce travail : ni moi seule ni le Ministère seul – aussi petit soit-il – ni les clubs seuls, ni les fédérations seules, ni les supporters seuls n’y arriveront. Nous gagnerons ensemble ce défi, ou pas : cela ne dépend que de nous, et je vous remercie.</p>
<p><em>Discours de Madame Rama YADE, Secrétaire d’Etat chargée des Sports<br />
Jeudi 28 janvier 2010 au Stade de France</em></p>
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		<title>Les nouveaux défis du modèle sportif français</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 13:46:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://www.rama-yade.fr/2009/10/06/les-nouveaux-defis-du-modele-sportif-francais/"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/10/sorbonne0610091-300x201.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="Discours à la Sorbonne" /></a>Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président du Comité national olympique et sportif français,
Monsieur le Prince héritier, Président du Comité national olympique du Bhoutan,
Messieurs les Présidents de fédérations,
Chers amis,
Nous sommes donc réunis cet après-midi autour d’une passion, « vieille de deux mille ans, qui aujourd’hui comme jadis, agite le cœur des hommes », je veux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="lightbox" title="sorbonne061009" href="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/10/sorbonne0610091.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2067" title="Discours à la Sorbonne" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/10/sorbonne0610091-300x201.jpg" alt="" width="300" height="201" /></a>Mesdames et Messieurs les Ministres,</p>
<p>Monsieur le Président du Comité national olympique et sportif français,</p>
<p>Monsieur le Prince héritier, Président du Comité national olympique du Bhoutan,</p>
<p>Messieurs les Présidents de fédérations,</p>
<p>Chers amis,</p>
<p>Nous sommes donc réunis cet après-midi autour d’une passion, « vieille de deux mille ans, qui aujourd’hui comme jadis, agite le cœur des hommes », je veux dire celle du sport.</p>
<p>Cette même passion qui animait le baron de Coubertin lorsqu’il accomplit, ici même à la Sorbonne, le 23 juin 1894, son œuvre de renaissance de l’idéal olympique.</p>
<p>Cet idéal, avec une intuition révolutionnaire, Coubertin voulut lui donner corps dans le temple de l’esprit, la Sorbonne.</p>
<p>Non sans mérite : regardez bien derrière moi la magnifique composition que peint Puvis de Chavannes en 1889 : dans cette allégorie des savoirs et des vertus, c’est en vain que vous rechercherez celle qui illustre le sport.</p>
<p>Où en sommes-nous aujourd’hui ? Certes, le sport est populaire, et les sportifs parfois adulés : sont-ils pour autant considérés ? Je ne suis pas sûre et le déplore. Lors de mon arrivée au Ministère des Sports, il s’en est trouvé des esprits égarés pour parler de relégation ou de punition et ainsi ignorer la fierté que j’ai ressenti à succéder à Maurice Herzog. Je suis sûre d’ailleurs que les journalistes sportifs qui sont dans cette salle doivent ressentir, dans les dîners en ville, cette condescendance de leurs collègues, journalistes politiques ou société. On s’est même étonné que je vienne pas du milieu sportif : mais Mme Buffet, M. Mazeaud, Mme Alliot-Marie non plus et ils ont laissé une très belle trace. Et le sport doit être un sujet politique et de société comme un autre, et donc ouvert à tous les profils, y compris les plus politiques. Il n’y a pas de raison !</p>
<p>Il fallait donc revenir à la source, ici à la Sorbonne, dans la lignée de Pierre Coubertin pour redonner au sport sa place dans le temple de la culture française. En espérant que les gardiens du temple n’y voient ni effraction ni provocation !</p>
<p>Tant pis pour cette vieille émission de télé qu’on appelait « La tête et les jambes » ! Comme si un écrivain n’avait pas de corps et un sportif n’avait pas de cerveau. Ah, tradition quand tu nous tiens !</p>
<p>Car, si en France, le corps et l’esprit n’ont jamais fait bon ménage, c’est la faute à la religion, pensait Mauriac qui formulait : « l’Eglise ne fait pas sa part à la chair. Elle la supprime ».</p>
<p>Peut-être même est-ce aussi la faute de quelques-unes de nos élites intellectuelles qui se méfient du sport comme passion populaire. Peut-être même que les derniers représentants de cette école ressentent-ils un peu de jalousie à l’égard de ces Zidane, Noah, qui après avoir obtenu la reconnaissance de l’argent et celle des médias, sont devenus les personnalités préférées des Français, avant les politiques et avant les hommes de lettres.</p>
<p>Des exceptions toutefois ont tenté de renverser la tendance. Mais pour un Camus, un Morand, un Cocteau, combien d’esprits étriqués ! Au-delà des plaisirs proustiens et des souvenirs de jeunesse, de grands esprits ont su saisir l’esthétisme du sport et comprendre qu’il a souvent une encolure d’avance sur la société : Hemingway, Steinbeck, Godard, Camus, Marguerite Duras, Rainer Maria Rilke, Woody Allen.</p>
<p>Eux, ont compris la dimension esthétique du sport. Eux, ils ont compris qu’il n’y a aucun film, aucune pièce de théâtre où une carrière se joue en 5 ou 10 secondes, sur un pénalty, une expulsion ou sur la main de Dieu.</p>
<p>Eux, ont compris que, dans le sport, la souplesse d’adaptation, l’invention des gestes, le caractère foudroyant de certaines actions appartiennent à un état d’intelligence supérieur.</p>
<p>Eux, se rappellent que Micheline Ostermayer gagnait des médailles et jouait du Chopin ! Eux, se rappellent que, quand Marcel Bernard a gagné Roland-Garros, il travaillait au Quai d’Orsay !</p>
<p>Eux, ont compris que le sport est quelque chose d’aussi estimable que la littérature ou la musique.</p>
<p>Eux, ont compris le rôle éducatif, le vecteur de lien social et la dimension politique du phénomène.</p>
<p>Eux, ont compris que nous aurions bien tort de ne pas saisir cette référence comme un symptôme de nos sociétés et une forme d’avertissement.</p>
<p>Avertissement quand le pays vibre à la France black-blanc-beur, que le monde politique monocolore n’avait, avant 1998, pas voulu voir alors que la société française disait sa soif de diversité. Avertissement quand en 1938 le boxeur afro-américain Joe Louis devient champion du monde face à l’Allemand Max Schleming mais doit, au moment de la seconde guerre mondiale, servir dans une unité uniquement composée de noirs. Avertissement quand loin, là-bas, en Iran, face à la répression, ces Iraniens qui n’ont rien trouvé de mieux qu’un terrain de foot pour crier « Résistance ! ».</p>
<p>Poisson-pilote de la société vous dit-on ! Locomotive de la démocratie, aussi, comme le dit si bien Pascal Boniface. Le fils de Zidane fera une grande carrière s’il est bon. Pas parce qu’il s’appelle Zidane. Dans le reste de la société, ça ne marche pas forcément comme ça : le nom peut suffire. Et la géopolitique, elle aussi, qui ne sait plus où donner de la tête tant sur les pistes d’athlétisme, au rythme des records de leurs champions, ce sont des noms de pays marginalisés à l’ONU qui tiennent le haut de l’affiche : Saint-Kitts et Nevi, Bahamas, Jamaïque, Kenya, Ethiopie. « L’égalité devant le sport est vraiment la seule égalité » rappelait Jean Giraudoux. Niveleur de classes et dérivatif de tous les instincts mauvais, disait Pierre Coubertin.</p>
<p>Et c’est parce qu’il éduque autant qu’il civilise, les élites culturelles françaises ne peuvent décemment plus se tenir à l’écart de ce phénomène populaire. Ni fermer les yeux sur le premier mouvement associatif de Français, les 30 milliards annuels d’investissements, les 16 millions de licenciés à jour de cotisation qui feraient pâlir d’envie les Eglises, les partis politiques et les syndicats de France.</p>
<p>Il est temps de comprendre que l’autre nom du Ministère des Sports est le Ministère de l’Education populaire. C’est pour cela que j’ai voulu ce film introductif. Parce que pour savoir où nous allons, nous devons nous rappeler d’où nous venons. Parce que je voulais que nous ressentions ensemble la fierté d’appartenir à ce Ministère très républicain qu’est le Ministère des sports, à travers ceux qui l’ont fait, porté, grandi.</p>
<p>Alors, permettez-moi de saluer mes prédécesseurs, qui, depuis le Front populaire et Leo Lagrange, ont compris, qu’ils soient de droite ou de gauche, qu’en entrant au Ministère des Sports, ils ne mettaient pas les pieds n’importe où et qu’en fait, ils mettaient un pied dans le sport et un autre dans l’éducation. Parce que, comme disait Jean-Luc Godard, le sport offre encore cette espérance…, l’espérance de la vérité. Le stade, lui, ne ment pas. Je serai fidèle à cet héritage. Je serai fidèle aux principes qui font l’identité et l’originalité profonde de ce ministère :</p>
<p>- Fidélité d’abord au partenariat historique qui unit les 4 acteurs du sport que sont l’Etat qui édicte les règles et sans lequel la moitié des fédérations disparaîtrait car n’intéressent pas le privé, le mouvement sportif qui applique, le secteur privé du mécénat-sponsoring qui a toujours existé dans le sport et les collectivités territoriales qui financent les infrastructures</p>
<p>- Fidélité ensuite à l’unité fédérale du sport, parce que la mutualisation des capacités sportives est nécessaire.</p>
<p>Mais, après trois mois à la tête de ce secrétariat d’Etat, sans présomption, avec l’humilité qui naît de ces 70 ans d’histoire qui m’ont précédée, et après plus de 500 entretiens, une question fondamentale revient sans cesse : en France, notre modèle sportif est-il encore viable ? Peut-il relever à l’international le défi d’une compétition de plus en plus forte ?</p>
<p>Ce sont trois défis, celui de la mutation interne, celui de l’exemplarité et celui de la compétitivité européenne et mondiale qu’ensemble, Etat, mouvement sportif, collectivités territoriales, nous devons relever.</p>
<p><strong>I &#8211; Premier défi donc, la place de l’Etat dans le sport en France et la pérennité de notre modèle sportif.</strong></p>
<p>A.	<span style="text-decoration: underline;">Redonner à l’Etat toute sa place</span></p>
<p>J’entends des gens murmurer, toujours bien sûr sous le couvert de la réflexion désintéressée, que l’Etat n’a plus sa place dans le sport : il faudrait une Agence spécialisée du haut niveau, confier le sport professionnel aux entreprises et le sport pour tous aux collectivités territoriales. Bref, le ministère des sports serait d’un autre âge. Et bien non !</p>
<p>Ce que je suis venue vous dire aujourd’hui, c’est que l’Etat français ne renoncera pas au rôle qui est le sien vis-à-vis du sport.</p>
<p>Ce ministère est né d’une volonté politique et s’ancre dans une tradition de l’Etat français.</p>
<p>Ce ministère, c’est le symbole de l’Etat régulateur. Je travaille d’ailleurs, comme je l’ai proposé au Premier ministre, à la rédaction d’un projet de loi qui me permettra d’affirmer ce rôle.</p>
<p>Je veux également redire ici la complémentarité du mouvement sportif et de l’Etat. C’est notre tradition, c’est notre modèle, c’est notre fierté.</p>
<p>Notre modèle, c’est l’équilibre entre le monde associatif et l’Etat, garant de l’intérêt général.</p>
<p>C’est la  volonté politique de favoriser l’accès à la pratique sportive des plus modestes de nos concitoyens.</p>
<p>C’est l’équilibre recherché entre les territoires, ruraux ou urbains, qui souffrent d’un manque d’équipements sportifs.</p>
<p>C’est l’équilibre entre le sport professionnel et le sport fédéral, qui garantit l’unicité du sport et sa solidarité interne.</p>
<p>C’est la volonté politique de soutenir les associations et les milliers de bénévoles, admirables, qui aident ceux dont le corps est affaibli par un handicap à retrouver confiance en eux-mêmes à travers le sport.</p>
<p>C’est la volonté politique de favoriser le sport féminin.</p>
<p>B.	<span style="text-decoration: underline;">Revaloriser l’administration</span></p>
<p>Je veux m’adresser à vous, agents du ministère, vous qui êtes nombreux dans cet amphithéâtre, venus de l’administration centrale et déconcentrée. Je veux m’adresser à vous en confiance et avec respect. Depuis le 23 juin, depuis cent jours, j’ai mesuré à la fois votre engagement, votre compétence et souvent vos interrogations, sinon votre désarroi.</p>
<p>On n’arrive pas au ministère des sports par hasard ; c’est, pour presque chacun d’entre vous, un choix personnel, de vie souvent ; vous n’êtes pas une administration de gestion, vous êtes une administration de passion. De même, ai-je la conviction que vos métiers sont si spécifiques que je vois personne d’autre les exercer à votre place.</p>
<p>Votre défi, mon défi, notre défi donc, c’est d’abord celui des ressources humaines ; ce qui fait l’incomparable richesse du ministère chargé des sports, c’est votre qualité, votre dévouement, votre sens de l’Etat au service d’une vocation.</p>
<p>Dans nos services déconcentrés, 70 à 80% des agents sont des cadres A. Je suis fière de diriger une administration de projet plus que de guichet, orientée davantage vers l’accompagnement des acteurs plus que la simple prestation de services.</p>
<p>Au service des fédérations sportives, tant au niveau national qu’auprès de leurs échelons territoriaux, au sein des ligues et des comités sportifs régionaux et départementaux, le ministère met à disposition des cadres sportifs de grande valeur, experts de haut niveau, directeurs techniques et entraîneurs nationaux, conseillers techniques nationaux ou régionaux. Vous exercez un métier difficile, en permanence jugés à l’aune des résultats sportifs au plus haut niveau dans vos disciplines. Fonctionnaires nommés par l’Etat pour conduire les politiques sportives nationales et régionales définies sous la responsabilité des présidents de Fédérations et des ligues sportives, vous incarnez la singularité du modèle sportif français, qui repose sur la coopération entre l’Etat et le mouvement sportif fédéral, délégataire d’une mission de service public. Cela n’est pas simple ; vous êtes parfois tiraillés ; ce n’est pas une double loyauté que je vous demande d’assumer, mais une double intelligence, au service de l’Etat et des fédérations délégataires.</p>
<p>Je pense à cet égard indispensable d’ouvrir sans tarder le dossier des métiers et du statut d’emploi des cadres techniques, notamment des DTN. Pour réfléchir à leurs missions, à leur positionnement, à l’élargissement du vivier des compétences, à leur mode de recrutement, de rémunération, d’évolution de carrière et de reconversion. Il faut redonner sens et cohérence à notre système de délégation, clé de voûte de notre système.</p>
<p>A ces corps propres du ministère je veux associer les personnels administratifs et les personnels ouvriers et de services, relevant du ministère de l’Education nationale, dont la contribution au service public du sport est essentielle. Je sais que leur conduite a été exemplaire lors des récentes opérations de restructuration de nos établissements.</p>
<p>Dès mon arrivée, j’ai tenu à m’adresser à vous, par courriel, directement. A ma grande surprise, beaucoup m’ont répondu, d’un simple mot amical parfois, d’autres, plus longuement. Chez beaucoup, j’ai aussi senti une inquiétude sur la réforme de l’administration territoriale, qui sera opérationnelle le 1er janvier 2010.</p>
<p>Croyez bien une chose cependant : cette réforme ne signifie pas la dilution, ou la disparition des objectifs de la politique publique du sport, que ce soit au sein des nouvelles directions régionales ou des nouvelles directions départementales interministérielles. Ce film, je l’ai voulu parce que pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Grâce au film, nous savons d’où nous venons.</p>
<p>Vous avez aussi le droit de savoir ce que deviendront vos missions au sein des nouvelles directions de cohésion sociale et quelle sera l’articulation entre l’échelon départemental et l’échelon régional. Et, parce que la RGPP ne touche pas seulement à l’organisation mais impacte aussi les missions (il faut bien que quelqu’un le dise), j’ai le devoir de vous apporter des réponses, tout comme de préciser aux préfets le sens de vos missions.</p>
<p>Ce que je veux vous dire, c’est qu’il y a de la place pour un service public des sports. Aux directions départementales, la proximité avec les clubs, les équipements et les éducateurs mais également le lien avec les publics défavorisés, les pratiques émergentes et risquées, les sports de nature et tout ce qui relève de l’accompagnement des acteurs locaux et des territoires au quotidien. Au niveau régional, d’assurer le pilotage des politiques de l’Etat, l’expertise, la mutualisation des moyens et des ressources et l’aménagement du territoire à travers les équipements. A l’administration centrale, la définition de la politique publique du sport, les modalités de sa mise en œuvre en tenant compte des dynamiques territoriales et des nouvelles manières de travailler. Je leur demande également de communiquer avec vous le plus possible.</p>
<p>Pour continuer à faire passer ce message, je me suis engagée, et j’ai déjà commencé à le faire, à aller à votre rencontre chaque fois que possible lorsque je me déplace en région. Je m’adresserai également aux préfets pour leur rappeler la préservation des métiers et le maintien des relations privilégiées avec les acteurs sportifs locaux, personnels d’inspection et professeurs de sport. Je me suis attachée à cet égard à une juste représentation de nos personnels jeunesse et sports au niveau des préfigurateurs régionaux en obtenant que sur les 14 préfigurateurs désignés 9 soient issus de notre administration, dont le préfigurateur Ile de France. L’équité oui, la portion congrue, non. Enfin, pour éviter que les corps ne s’assèchent, j’ai demandé à mon administration d’étudier l’ouverture d’un concours d’inspecteurs  et de cas car je souhaite conforter la place du sport dans les missions et les compétences dévolues aux nouvelles directions interministérielles.</p>
<p>Je souhaite par ailleurs au sein de notre administration un dialogue social profondément renouvelé. J’ai un profond respect pour les organisations syndicales. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu les rencontrer très vite pour entendre leurs préoccupations et le leur dire. Les décisions tombant d’en haut, sans information ni concertation, ce n’est pas ma méthode ni ma conception de l’action publique. C’est pourquoi j’ai demandé aux directeurs d’administration centrale d’avoir systématiquement le réflexe, la culture de réunir les organisations syndicales, les groupements professionnels chaque fois qu’une nouvelle politique, qu’une réforme statutaire ou autre seront mises en chantier. Je souhaite une culture de la décision, dans la concertation, et sans le renoncement à ses convictions.</p>
<p>J’achèverai enfin la réorganisation des services et du réseau d’établissements du ministère, celle de nos Ecoles nationales, en particulier l’ENSA de Chamonix et le Centre national de Prémanon dans le Jura qui constitueront un nouvel établissement dédié au ski, à l’alpinisme et aux sports de montagne, mais aussi le regroupement de l’Ecole nationale d’équitation et son fleuron, le Cadre noir, avec les Haras nationaux, qui auront été, préalablement, profondément restructurés dans leurs missions.</p>
<p>Quant aux CREPS, je sais que les personnels s’interrogent sur la réforme en cours. Je voudrais vous dire que la réforme, comme toute réforme, n’a d’intérêt que si elle a un sens, c’est-à-dire une direction et une signification ; elle doit également s’accompagner de pédagogie et de concertation. Alors, je prends, comme vous le savez, le train en marche, et à quelle allure il va ! Ce qui a été fait est fait. Mais ce qui reste à faire, notamment concernant Dinard et Voiron, ne sera pas la fermeture brutale. Ce ne peut non plus être le statu quo. J’ai donc proposé la recherche d’une troisième voie originale en concertation avec les agents et les régions de Rhône-Alpes et Bretagne, qui sont de grandes régions sportives. Et ce mot de CREPS, il faudrait le garder et le décliner, comme l’un de nos agents me l’a proposé par mail, en « Campus de Recherche et d’Excellence en performance sportive ».</p>
<p>Voilà le sens des premières démarches que j’ai entreprises pour que notre Ministère continue à assumer sa mission de service public du sport.</p>
<p>C.	<span style="text-decoration: underline;">Réinventer l’intérêt général du sport</span></p>
<p>La deuxième priorité que nous devons nous fixer, c’est celle de la place du sport dans notre société. Vaste et ambitieux chantier !!! Mais tellement essentiel !</p>
<p>Avec deux ambitions : assurer l’égalité des chances pour tous et mettre le sport au cœur de la Cité. Bref, mettre le Ministère au service de l’intérêt général, puisque ni les collectivités, ni le mouvement sportif ni le secteur privé n’ont cette vocation.</p>
<p>Si l’Etat républicain est le garant ultime de l’égalité  des chances sur l’ensemble du territoire, il doit en effet également l’être en matière d’accès au sport. Or, beaucoup de Français n’ont pas accès au sport, soit parce qu’ils n’en n’ont pas les moyens, soit parce qu’ils se trouvent sur un territoire ou dans un quartier sans installations sportives. C’est un déni républicain. Je veillerai à cet égard à ce que l’exclusion du sport des lois de décentralisation en 1983 ne se reproduise pas lorsque s’ouvrira la réflexion sur la réforme des collectivités territoriales. J’ai écrit dès juillet au ministre de l’Intérieur, afin que les régions et les départements puissent continuer à financer le sport. Il m’a été répondu favorablement.</p>
<p>Mais l’apport considérable des collectivités territoriales dans le domaine du sport ne doit pas nous faire oublier pour autant la mission de notre ministère. Nous devons être le ministère du refus des fatalités, du soutien aux populations en difficultés, de l’investissement dans les territoires fragilisés.</p>
<p>C’est là la première de nos missions, qui se concrétise cette année avec plus de 200 millions d’euros dépensés par le Centre national de développement du sport (CNDS) afin d’aider plus de 40 000 associations sportives et construire ou rénover plus de 800 équipements sportifs. Le CNDS dont je viens de renouveler le conseil d’administration et dont j’ai précisé les missions pour qu’elles soient centrées sur la politique de la ville, le milieu rural, l’outre mer, la lutte contre les discriminations, le handicap, le sport féminin. Je n’oublie pas non plus les moyens du CNDS puisque, dans le cadre de la libéralisation des paris sportifs en ligne, je me suis battue pour qu’une contribution supérieure à ce qui était prévue soit actée pour financer le sport amateur et le sport de masse.</p>
<p>Cette égalité des chances, nous tentons d’abord de la rétablir dans les quartiers populaires, en consacrant 35 M€ en faveur des associations et des éducateurs qui y travaillent, ainsi que pour les équipements qui y sont implantés. Nous construisons et nous rénovons des équipements sportifs à Villiers-le-Bel, à Montfermeil, à Firminy, dans le quartier Saint-Jacques à Perpignan, aux Tarterêts à Corbeil-Essonnes… Dans ces  lieux emblématiques du malaise des banlieues, le sport doit rester porteur d’intégration. Mais aussi d’excellence : je compte ainsi favoriser l’accès des jeunes des quartiers aux sports dont ils sont souvent absents comme le golf, l’équitation, l’escrime ou les sports de glace. Il n’y a pas de raison !</p>
<p>Mais n’oublions pas les zones rurales. Ces territoires délaissés, je compte bien partir à leur reconquête. Je serai attentive aux mutations difficiles qu’elles vivent et je me porterai garante du maintien d’une offre sportive de qualité. Je propose notamment de modifier les critères d’attribution des financements en matière d’équipements sportifs, aujourd’hui trop favorables aux zones urbaines, afin que le CNDS puisse mieux prendre en compte les spécificités sportives, sociales, économiques et démographiques des territoires ruraux. En outre, je demanderai prochainement à un parlementaire-sénateur de mener une mission sur le sport en milieu rural afin d’établir un diagnostic complet et de me proposer de nouvelles pistes d’action concrètes.</p>
<p>Je pense aussi à nos compatriotes d’Outre-mer. Nous consacrons 14 M€ chaque année au développement du sport dans ces départements et territoires. Les grèves des derniers mois nous appellent à intensifier notre effort. Je n’attends pas les conclusions qui seront tirées des Etats généraux de l’outre-mer. J’ai demandé au député-maire de Fort-de-France M. Serge LETCHIMY de faire un état des lieux des équipements outre mer pour me permettre de soutenir un plan de rénovation dans ces départements qui sont de grands pourvoyeurs de médailles pour la France. Il en va de leur compétitivité dans un contexte régional caribéen de plus en plus concurrentiel.</p>
<p>Mais notre ambition ne doit pas s’arrêter là. Nous devons mettre le sport au cœur même de la Cité.</p>
<p>Le sport donne parfois l’impression d’être omniprésent dans notre société. Certains même s’en plaignent : trop de sport à la télévision, à la radio, dans les journaux. Mais ce n’est que le sport-spectacle qui est valorisé. Le sport, dans ses autres dimensions négligé. Qui parle en effet de sport lorsqu’on évoque l’éducation, la culture, le développement durable, l’aménagement du territoire, l’économie, l’éthique, la création d’emplois… ?</p>
<p>Je propose donc de mettre le sport, et son ministère, au cœur de la Cité. Il faut oser s’extraire des routines traditionnelles, s’immiscer dans des sujets qui habituellement ne nous concernent pas, donner notre opinion sur des enjeux pour lesquels personne ne sollicite notre avis mais sur lesquels nous aurions pourtant tant à dire.</p>
<p>Ce ministère conduit ainsi depuis plusieurs années une politique exemplaire en matière de handicap – Jean-François [Lamour], tu en as été en grande partie à l’origine. Les moyens mobilisés sont importants &#8211; 14 M€ chaque année -, l’expertise indéniable, le réseau de partenaires de la société civile considérable. Ce travail de promotion et d’intégration des personnes handicapées, je le continuerai bien évidemment. Mais je ferai aussi en sorte qu’il soit mieux intégré dans le champ général des politiques interministérielles et qu’il soit reconnu pour ce qu’il est : une référence en matière de politique publique.</p>
<p>De même, notre ministère doit jouer un rôle de précurseur, il doit aller au devant des tendances qui transforment la société française.</p>
<p>Ce travail, il doit notamment le faire avec les nouvelles pratiques sportives, les  nouveaux sports urbains, qui se développent dans nos villes… et qui sont parfois à la frontière du sport et de la culture. Il faut donc accompagner leur développement.</p>
<p>Le monde des sports urbains attend des Etats généraux pour aborder toutes les questions qui lui tiennent à cœur. Ces Etats généraux, nous les ferons, avec tous ceux qui veulent y contribuer. Et nous y traiterons des questions qui sont essentielles à la pratique de ces sports : l’accès aux équipements sportifs, le partage des espaces publics, la formation des éducateurs…</p>
<p>Le sport ne doit pas vivre caché. Son ministère non plus. Il y gagnera en légitimité, il se renforcera, et il résistera d’autant mieux aux bourrasques qui accompagnent toujours les réformes de l’Etat.</p>
<p>Mettre le sport au cœur de la Cité, c’est aussi faire du sport à l’école une priorité. Maurice Herzog le disait déjà il y a 50 ans lorsqu’il engagea ses premières réformes au Haut commissariat à la Jeunesse et aux sports : développer l’éducation physique et sportive est le plus sûr moyen de changer les mentalités en France à l’égard du sport. Guy Drut a également fait de remarquables efforts en ce sens.</p>
<p>Mais pour beaucoup, l’EPS reste toujours considérée au mieux comme un moment de loisir, au pire comme un « gâchis » du temps scolaire.</p>
<p>Pourtant, si l’on regarde ce qui se fait de mieux en matière d’éducation, dans le monde ou en France, on s’aperçoit qu’à Harvard on fait du sport, à Stanford on fait du sport, à Cambridge ou Oxford on fait du sport, à Polytechnique on fait du sport, à Sciences-Po on fait du sport…</p>
<p>Ces établissements ont en effet compris ce que pouvait apporter à leurs élèves les qualités éducatives intrinsèques au sport. Car l’éducation n’est pas une simple accumulation de savoirs littéraires ou scientifiques. L’éducation nourrit des personnalités, elle inculque des valeurs de discipline et d’entraide,             elle apprend l’estime de soi, le goût de l’effort, la responsabilité.</p>
<p>Pourtant, assez étrangement, on refuse aux collèges de La Courneuve, de Roubaix ou de Marseille ce que l’on admire à Polytechnique ou Cambridge.</p>
<p>Le Président de la République ne s’y est d’ailleurs pas trompé lorsqu’il a souhaité lors de ses vœux au monde sportif à l’INSEP, en janvier dernier, l’instauration d’un mi-temps sportif dans les établissements scolaires qui le souhaiteraient.</p>
<p>Je suis convaincue qu’il a raison. Nous ne changerons cependant pas le système avec un coup de baguette magique. L’expérimentation est la voie à suivre : sollicitons plutôt les chefs d’établissement les plus volontaires, ceux qui croient dans le sport comme outil pédagogique, et donnons-leur les moyens de proposer plus d’heures de sport à tous leurs élèves dans le cadre d’un projet éducatif innovant.</p>
<p>Mais je n’y arriverai pas toute seule. Les obstacles seront immenses. Sans vous, je ne pourrai pas. Avec vous, je pourrai peut-être.</p>
<p><strong>II &#8211; Le second grand défi qu’il nous appartient de relever est celui qui touche aux valeurs. C’est un défi d’exemplarité.</strong></p>
<p>Avec quatre priorités : lutter contre la violence, la traite des mineurs, les dérives du sport business et le développement durable.</p>
<p>A. <span style="text-decoration: underline;">Lutter contre la violence.</span></p>
<p>Il y a quelques jours, j’ai dû quitter précipitamment Beyrouth, où j’assistais aux Jeux de la Francophonie, pour me rendre à Belgrade : Brice Taton, le supporter de Toulouse qui avait été sauvagement agressé par plus d’une dizaine de voyous, venait de décéder. Au même moment, notre championnat est le théâtre d’actes d’incivilités, peut-être pas aussi graves mais qui inquiètent.</p>
<p>J’ai donc provoqué vendredi dernier une réunion d’urgence sur les faits de violence dans le football et j’ai pris trois mesures immédiates :</p>
<p>- la création d’une « cellule nationale de prévention et de lutte contre la violence » directement rattachée au Directeur des sports, pour assurer les missions de veille, d’alerte et de coordination nationale et être l’interlocuteur sportif institutionnel du ministère de l’intérieur comme du ministère de la justice,</p>
<p>- le renforcement massif  des actions de prévention et de promotion du respect sur le terrain que nous allons recenser pour construire une stratégie nationale de promotion du respect sur laquelle nous concentrerons les 2,6 millions d’euros que nous affectons chaque année</p>
<p>- et enfin la réunion d’ici à la fin de l’année du 1er congrès national des associations de supporters pour engager un dialogue entre supporters, instances sportives et pouvoirs publics. Il est nécessaire de donner la parole aux supporters pour dépasser les oppositions stériles qui sont source de violence et ne pas faire peser sur les vrais supporters le poids des comportements de quelques groupes extrémistes qui n’ont rien à voir avec le sport.</p>
<p>B. <span style="text-decoration: underline;">Lutter contre la traite des mineurs.</span></p>
<p>S’il y a bien un sujet sur lequel nous devons et pouvons être exemplaires, c’est celui du recrutement de mineurs étrangers, cette pratique que l’on appelle communément la « traite des mineurs » et qui, il faut oser le dire, relève d’un véritable esclavage sportif.</p>
<p>Or, les mineurs ne sont pas des marchandises. Certains joueurs étrangers, notamment africains, sont recrutés, dès l’âge de 13 ans, dans des centres de formation européens. Une très forte majorité d’entre eux ne deviendra jamais professionnel. Leur situation peut alors devenir dramatique : on les retrouve en déshérence sur le territoire national, déracinés, sans ressources, sans papiers. Ce traitement de jeunes gamins fragiles est insupportable. Ce serait l’honneur de nos institutions d’encadrer cette pratique.</p>
<p>Demain, le mondial 2010 se tient en Afrique du Sud. Cet événement majeur et symbolique nous offre une opportunité unique de travailler plus étroitement avec la FIFA et les pays africains pour que notre pays devienne un partenaire actif et déterminé de la lutte contre ces pratiques, dans le respect de la convention internationale des droits de l’enfant. C’est une question d’éthique et d’honneur.</p>
<p>Comme c’est souvent le cas, la société civile, le monde sportif, ne nous ont pas attendus pour s’engager dans de telles actions de solidarité, et je pense à de très beaux projets tels que l’académie Diambars de Bernard Lama ou encore le projet Foot solidaire de Jean-Claude Mbouvin. Ils nous montrent la voie. Nous devons les appuyer.</p>
<p>C’est pourquoi je propose la création d’un outil dédié, le « fonds sportif pour la protection internationale de l’enfance », fonds public-privé auquel je suis prête à contribuer à hauteur de 2 millions d’euros. Je m’engagerai personnellement pour qu’il rassemble tous ceux qui sont prêts à s’impliquer dans cette mission, clubs, ligues, fédérations, entreprises et même pourquoi pas supporters pour que ce fonds soit opérationnel dès janvier prochain.</p>
<p>Ce sont ces principes qui guident des initiatives telles que les centres « football for hope » promus par la FIFA à l’occasion du prochain Mondial 2010 en Afrique du Sud, dont l’objectif est de favoriser le développement social au sein des communautés et de renforcer les organisations locales en leur fournissant des infrastructures essentielles.  Voilà l’exemple que nous devons suivre, voilà la direction que nous devons prendre.</p>
<p>C. <span style="text-decoration: underline;">Lutter contrer les dérives du sport business</span></p>
<p>On ne construit rien de durable sur la dette, l’argent fou. En particulier dans le football. On s’est doté de règles mais pas les autres. Si on continue comme ça, on peut faire courir au football européen un risque systémique, comme la crise bancaire.</p>
<p>C’est pourquoi j’appelle de mes vœux un sport européen financièrement sain et transparent. Le mois dernier, Michel Platini a annoncé que le comité exécutif de l’UEFA adoptait à l’unanimité le principe du « fair-play financier », tandis que le championnat anglais (la Premier League) annonçait que ses clubs seraient désormais soumis à des règles comptables plus strictes et à une limitation du nombre de contrats. Désormais, avec le « fair-play financier », les clubs ne doivent pas dépenser plus d’argent qu’ils n’en génèrent.</p>
<p>On sait très bien que « l’argent marque des buts »  et fausse les résultats sportifs: il y a un lien entre compétitivité sportive et compétitivité économique. Sans parler de notre football qui ne peut continuer à subir plus longtemps le pillage organisé de ses joueurs issus de nos centres de formation à la française.</p>
<p>Je voudrais porter cette idée à Bruxelles, prolonger l’idée de Bernard Laporte d’une spécificité sportive, comme il y a une exception culturelle.</p>
<p>A Nyon, le 1er septembre, j’ai promis à Michel Platini, président de l’UEFA, que la France continuerait de jouer un rôle moteur à ses côtés. J’entends tenir cette promesse :</p>
<p>- en encourageant les ligues professionnelles à mettre en place une « licence club », qui est un agrément donné par l’organisateur d’une compétition à un club, lui permettant de participer à la compétition, s’il s’est qualifié sportivement et s’il répond aux conditions requises pour la licence. Les critères peuvent être sportifs (nombre de joueurs sous contrat, suivi médical, lutte antidopage, centre de formation…), financiers ou avoir trait aux infrastructures. Ces critères sont un sésame, mais aussi un outil de travail, qui permet aux clubs de se structurer et de développer leur projet.</p>
<p>- en réfléchissant à l’installation d’une agence de notation, sorte d’autorité indépendante de régulation du sport, qui aurait pour objectif d’instaurer des normes et indicateurs d’analyse des clubs pour faciliter les décisions d’investissement dans le sport professionnel. Rattachée au ministère, cette agence complèterait la mission essentielle des directions nationales de contrôle de gestion, dont je souhaite consolider le dispositif au niveau législatif.</p>
<p>- en soutenant la proposition du sénateur Humbert sur la moralisation et la transparence de l’exercice de la profession d’agent sportif.</p>
<p>D. <span style="text-decoration: underline;">Favoriser un sport durable</span></p>
<p>Je souhaite un sport durable. Le développement durable n’est pas une variable d’ajustement. Il doit devenir une préoccupation partagée au plus haut niveau des instances sportives. Je souhaite favoriser cette prise de conscience, qui doit être relayée par les fédérations. Je demanderai aux fédérations un rapport sur leurs actions – sur l’aspect environnemental (incluant le bilan carbone) comme sur le volet « responsabilité sociale » du développement durable.</p>
<p>Dans un second temps, nous pourrons réfléchir à la mise en place d’un RSE (rapport social et environnemental), à l’instar de ce qui est demandé aux entreprises cotées.</p>
<p>Nous devons aussi travailler avec l’AFNOR à un label « HQE » spécifique au sport. Nous devons construire le corpus normatif et l’expertise d’évaluation qui nous manquent.</p>
<p>Ces réflexions nourriront des Assises vertes du sport, que j’organiserai au premier trimestre 2010.</p>
<p><strong>III &#8211; Le dernier défi à relever est celui de la compétitivité de la France et de son modèle sportif.</strong></p>
<p>Pour assurer le rayonnement international de la France. Ou bien, comme aurait dit le Général de Gaulle, permettre à la France de tenir son rang de grande nation sportive.</p>
<p>A. <span style="text-decoration: underline;">La France doit être conquérante.</span></p>
<p>Le rayonnement passe aussi par l’organisation de grands événements. Le « soft power » en sport, c’est ça aussi, cette expertise, cette capacité à être une terre d’accueil des grands événements sportifs de renommée internationale. Les grands événements créent des grands moments de rassemblement et de cohésion nationale. Le Ministère des sports, c’est aussi quelquefois celui du bonheur, de la France qui gagne, surtout en période de crise car le sport apporte des moments de joie. Tout le monde se souvient de la coupe du monde de football en 1998, ou de celle de rugby en 2007. C’est toujours pour le pays qui accueille un grand moment d’enthousiasme populaire, que l’on gagne ou qu’on perde (c’est toujours mieux de gagner).</p>
<p>Nous voulons l’Euro de football 2016. Dès le 23 juin, je me suis battue pour que l’Etat s’engage financièrement d’une manière substantielle pour crédibiliser la candidature de la France. Le Président de la République et le  Premier ministre ont permis cet effort, concrétisé par un fonds de soutien de 150 M€ pour rénover, agrandir, construire les stades qui accueilleront la compétition.</p>
<p>Les rapports Seguin et Besson l’ont montré : la stade est le principal levier de développement des clubs professionnels français. Aujourd’hui, lorsqu’un club français génère 1€ de chiffre d’affaires, un club italien génère 1,2 € environ, un club allemand ou espagnol 1,4 €, un club anglais 2,2 €. Le stade doit être un lieu de vie mais aussi un centre de ressources, pour les clubs, pour le public.</p>
<p>Mais nous voulons davantage. Nous voulons de grandes compétitions de handball, de basket et de volley. D’escrime, de judo, de badminton, de hockey. Nous voulons des grandes salles. Nous sommes démunis : le POPB est la 21ème salle d’Europe, le Palais des Sports de Pau la 155ème. C’est pourquoi, dans le sillage de la Commission Grands Stades – Euro 2016 qu’avait présidée Philippe Seguin, je souhaite installer une Commission Grandes Salles, qui sera présidée par Daniel Costantini, que je salue. Elle rendra ses recommandations en mars. La Commission établira ainsi des passerelles entre les différents sports de salle, mais aussi avec la culture, avec le sport scolaire, avec les collectivités territoriales.</p>
<p>Nous sommes aussi candidats à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver en 2018. Lorsque je me suis rendue à Washington il y a quelques jours, j’ai plaidé la cause d’Annecy auprès des autorités américaines, comme je l’ai fait à Beyrouth aux Jeux de la Francophonie. Partout, je plaiderai la candidature d’Annecy, qui est aussi la candidature de la France et des Français.  Je la plaiderai bientôt à Vancouver.</p>
<p>Même si ce sont nos sportifs qui doivent être sur le devant de la scène pour emmener l’équipe France. Je sais aussi que nous ne sommes pas assez présents dans les instances internationales du sport. Nous devons être plus présents, plus offensifs. Plus systématiques.</p>
<p>Je souhaite, dans une réflexion commune avec le CNOSF et les ministères concernés, mettre en place un véritable outil permanent de veille stratégique. Nous devons tirer les leçons de l’échec de Paris 2012. Le rapport que Philippe Augier a remis au président de la République recommande ainsi de passer d’une stratégie de puissance à une stratégie d’influence.</p>
<p>Et tenons nos promesses d’équipements : je m’attellerai dans les semaines à venir à réunir l’ensemble des acteurs, qu’il s’agisse du projet de piscine à Aubervilliers ou du vélodrome de Saint–Quentin-en-Yvelines pour lequel il a été demandé à l’Etat 13 M€ pour boucler son financement. Je mettrai de même toute mon énergie à soutenir le prestige et la compétitivité de Roland-Garros.</p>
<p>Ces compétitions, nous ne voulons pas seulement les organiser. Nous voulons les gagner. Je veux que nous soyons prêts pour les Jeux de Londres. Je veux que les clubs français soient en mesure de participer régulièrement aux demi-finales ou à la finale de la Ligue des Champions (ce qui ne leur est plus arrivé depuis la finale perdue par Monaco contre Porto en 2004), qu’en handball nos clubs retrouvent les sommets européens (la victoire de Montpellier en Ligue des Champions remonte à 2003), que nos clubs de basket puissent aller au bout en Euroligue. Ce que l’Espagne réussit avec les sports collectifs, nous devons le réussir aussi.</p>
<p>C’est pourquoi je vais confier à Raphaël Ibanez, que je salue aussi, une mission sur la compétitivité des sports collectifs français. Le rapport Besson s’était penché sur l’environnement des clubs. La mission Ibanez s’intéressera à leur organisation : conditions de préparation, infrastructures, logistique. Tout n’est pas seulement affaire de budget, les joueurs internationaux me le disent. J’attends de Raphaël Ibanez (98 sélections en équipe de France de rugby, 34 fois capitaine, 3 coupes du monde disputées) une analyse transversale et des préconisations sur la situation des sports collectifs français, nourrie par une veille internationale du haut niveau, en lien avec les fédérations concernées et l’INSEP.</p>
<p>Je n’oublie pas pour autant les principales préconisations du rapport Besson, que je souhaite intégrer dans mon projet de loi Sport et qui doivent elles aussi contribuer à accroître la compétitivité du sport professionnel français :</p>
<p>- aligner le régime des sociétés sportives sur le droit commun des sociétés commerciales</p>
<p>- accorder à la société sportive la capacité d’inscrire directement l’équipe professionnelle aux compétitions auxquelles elle participe</p>
<p>- assouplir le régime des prêts aux sociétés sportives.</p>
<p>La France conquérante, c’est aussi, bien sûr la France des médailles et des podiums.</p>
<p>La France est toujours une grande nation sportive. Quelle que soit la méthode de calcul, notre pays est régulièrement classé dans les 5 ou 6 meilleures nations du monde.</p>
<p>Mais l’esprit de conquête suppose de ne pas baisser la garde.</p>
<p>B. <span style="text-decoration: underline;">Notre système doit désormais évoluer, tenir compte des avancées de la concurrence, s’inspirer des bonnes pratiques observées à l’étranger, tout en capitalisant sur nos qualités et expériences.</span></p>
<p>Nous devons également mieux associer les entreprises aux actions des pouvoirs publics et du mouvement sportif. Les entreprises apportent au sport non seulement des financements mais aussi des compétences et une culture d’efficacité. Le rapprochement de leur savoir-faire et de l’enthousiasme des bénévoles sur lesquels repose souvent l’organisation sportive peut faire beaucoup pour la compétitivité du sport.</p>
<p>Dans les semaines et les mois qui viennent, je procèderai à une large concertation sur cette question cruciale. Mon objectif est de disposer de propositions nouvelles au plus tard au tout début de l’année prochaine.</p>
<p>Un de nos atouts majeurs, c’est l’INSEP, outil incomparable, dédié à l’excellence sportive et au sport de haut niveau. L’INSEP par son histoire, sa culture, ses structures et ses ressources humaines a vocation à être le fer de lance, la pointe de diamant d’une politique du haut niveau rénovée et ambitieuse.</p>
<p>Je souhaite que cet établissement rénové dans ses murs, dans sa structure, dans son organisation, se rapproche de sa philosophie d’origine. Il se consacrera en priorité au sport de haut niveau et constituera la tête de pont d’un réseau constitué, notamment, des établissements publics nationaux du ministère chargé des sports qu’il animera.</p>
<p>L’INSEP recevra bientôt le statut d’établissement public scientifique culturel et professionnel (EPSCP) dans la catégorie des « grands établissements » au sens du code de l’éducation. Et un nouveau nom sous un même acronyme : Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP).</p>
<p>C. <span style="text-decoration: underline;">Je veux également insister sur le projet  concernant « Les Parcours de l’Excellence Sportive »</span></p>
<p>Notre objectif est de :</p>
<p>- Faire évoluer le dispositif d’émergence des talents, formation et préparation des sportifs des équipes de France dans une perspective d’amélioration des performances individuelles et collectives au plus haut niveau international,</p>
<p>- Replacer la performance au centre du dispositif et œuvrer pour que l’ensemble des acteurs soit mobilisé pour contribuer à sa réussite,</p>
<p>- Capitaliser sur une organisation nationale unique au monde, dont le socle, au sein des fédérations, est constitué des clubs sportifs affiliés,</p>
<p>- Organiser une évaluation appuyée sur une expertise sportive plus opérationnelle,</p>
<p>- Accompagner les fédérations dans la conception des grandes lignes de leur projet de performance,</p>
<p>- Tenir compte et respecter les spécificités de chaque sport,</p>
<p>- Passer d’une politique de moyens, de contrôle et de structures, à une stratégie de performance et d’objectifs,</p>
<p>- Revisiter les principes et conditions de financement de l’ensemble du projet au niveau national, et fédérer les partenaires financiers potentiels autour de celui-ci,</p>
<p>- Favoriser la déclinaison régionale voire locale des politiques fédérales pour contribuer, partout en France, à la lisibilité, au financement et à la réussite des projets.</p>
<p>D.	<span style="text-decoration: underline;">Le statut du sportif de haut niveau</span></p>
<p>La France veut des médailles, bien sûr. Mais je veux que ceux qui se battent ainsi pour la gloire de notre pays soient mieux respectés par la nation, une fois que le parfum de la gloire s’est dissipé. Il est nécessaire d’améliorer le statut  du sportif de haut niveau.</p>
<p>Les sportifs de haut niveau sont, en matière de retraite et de couverture sociale, dans une situation désavantagée par rapport au reste de la population. Il s’agit là d’une injustice que je veux réparer.</p>
<p>En effet, pendant que la majorité de la population est en train de préparer sa vie professionnelle, les sportifs de haut niveau sont engagés dans une activité qui nécessite de leur part une totale mobilisation qui ne s&#8217;accompagne pas, le plus souvent, de contreparties financières importantes.</p>
<p>Ainsi, sur les 7050 sportifs inscrits sur la liste ministérielle de haut niveau en janvier 2009, 2 500 sportifs de plus de dix-huit ans ne disposaient pas de revenus leur permettant d&#8217;être affiliés à une caisse de retraite ou ne percevaient de revenus suffisants pour valider quatre trimestres de cotisation par an.</p>
<p>Ainsi, au cours de la dernière olympiade (2004-2008), moins de 200 sportifs ont pu cotiser par ce moyen à la Caisse nationale d&#8217;assurance vieillesse.</p>
<p>Aussi, je souhaiterais renforcer la protection sociale des sportifs de haut niveau en leur permettant notamment de valider quatre trimestres de droits à retraite par an, au moyen de leur affiliation à l&#8217;assurance vieillesse du régime général et du versement de cotisations forfaitaires par l&#8217;État.</p>
<p>J’ai demandé qu’on évalue le coût d’une telle mesure.</p>
<p>J’ai déjà reçu les représentants de la Commission des Athlètes de Haut Niveau du CNOSF pour débattre de ce sujet et leur proposer de collaborer à ce projet ambitieux auquel j’attache une importance particulière.</p>
<p>Voilà. Je n’ai pas tout dit tant il y a de chantiers en cours. Mais je pense que votre patience a des limites. Je ferai de mon mieux, avec humilité et sans présomption mais avec la ferme conviction que le Ministère des sports, ministère très républicain et à visée éducative, peut relever les défis auxquels est confronté le sport français. Bien sûr, je n’ai pas la prétention de le faire seule. Votre soutien et votre coopération seront décisifs.</p>
<p><em>Discours de Madame Rama YADE, Secrétaire d’Etat chargée des Sports</em></p>
<p><em>Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, mardi 6 octobre 2009</em></p>
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		<title>Par la connaissance vers la justice</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2009 08:16:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.rama-yade.fr/2009/05/16/par-la-connaissance-vers-la-justice/"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/05/ceremoniememoire-300x225.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="Cérémonie en mémoire des victimes de l" /></a>J’ai voulu être avec vous aujourd’hui pour être aux cotés de la mémoire de tous ces hommes et toutes ces femmes vaillants, courageux, qui ont vu leur vie détruite simplement parce que leur désir était différent et qu’ils n’ont pas voulu le cacher, pour vivre en hommes et femmes libres. C’est pour unir ma pensée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="lightbox" title="Cérémonie en mémoire des victimes de l'homophobie" href="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/05/ceremoniememoire.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1580" title="Cérémonie en mémoire des victimes de l'homophobie" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/05/ceremoniememoire-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>J’ai voulu être avec vous aujourd’hui pour être aux cotés de la mémoire de tous ces hommes et toutes ces femmes vaillants, courageux, qui ont vu leur vie détruite simplement parce que leur désir était différent et qu’ils n’ont pas voulu le cacher, pour vivre en hommes et femmes libres. C’est pour unir ma pensée aux vôtres, dire leur souvenir. Non, ils ne sont pas oubliés. Ils nous ont montré la voie.</p>
<p>Cette voie vous savez que nous la suivons avec acharnement. Sous l’impulsion du Président de la République, depuis plus d’un an désormais, la France porte la lutte contre l’homophobie sur la scène internationale. Aujourd’hui encore plus de 80 pays pénalisent l’homosexualité, 8 d’entre eux prévoient la peine capitale.</p>
<p>Le premier pas il y un an a été la reconnaissance par la France de la journée IDAHO. J’ai eu le plaisir de porter cette annonce au nom du Gouvernement français, et nous nous étions donné rendez-vous aujourd’hui. Il ne suffisait pas de dire, il fallait agir. Nous avons agi.</p>
<p>Deuxième évènement historique : nous avons franchi ensemble un pas majeur dans la marche vers la dépénalisation universelle de l’homosexualité. La déclaration portée par la France et les Pays-Bas le 18 décembre dernier aux Nations-Unies a réuni la signature de 66 pays, 67 aujourd’hui avec la décision des Etats-Unis de s’y associer. En 2005, 32 signatures avaient été réunies sur un tel texte porté par la Nouvelle-Zélande ; en 2006, 54 signatures sur le texte porté par la Norvège ; aujourd’hui 13 pays de plus. La tentative de contre-déclaration portée par la Syrie n’a recueilli que 59 signatures. Les équilibres s’inversent. La balance commence à pencher du côté de la justice, des droits de l’Homme, de la liberté.</p>
<p>Enfin, troisième évènement historique : c’est la première fois qu’un membre du Gouvernement participe, depuis la deuxième Guerre mondiale, à une cérémonie en hommage aux victimes de l’homophobie pendant la guerre.</p>
<p>Nous avons donc mobilisé toutes nos forces. A tous les niveaux. J’ai demandé que toutes nos ambassades reçoivent des instructions opérationnelles pour prendre des initiatives concrètes en faveur de la promotion des droits de l’Homme des personnes LGBTI et pour soutenir les défenseurs des droits de l’Homme oeuvrant contre les discriminations dont elles sont victimes. Souvent dans les coulisses, nous avons œuvré sans relâche sur les cas d’homophobie qui nous étaient signalés. Parfois avec succès, et je pense aux 9 sénégalais emprisonnés et désormais libres, parfois avec moins de succès, j’ai eu l’occasion d’exprimer publiquement combien je déplorais la récente pénalisation de l’homosexualité au Burundi.</p>
<p>Vous le savez, lutter contre les discriminations n’est ni l’affaire d’un jour, ni l’affaire d’une seule personne. C’est un long chemin d’espérance, tracé par ceux dont nous honorons aujourd’hui la mémoire, porté par ceux qui, comme vous, comme moi, s’y consacrent aujourd’hui, pour que, demain, nos successeurs soient plus proches de notre objectif commun : une véritable universalité des droits de l’Homme dans le monde.</p>
<p>Alors il fallait aussi maintenir, renforcer la dynamique engagée pendant ces derniers mois. Le congrès mondial que j’ai organisé hier avec le soutien de la Norvège et des Pays-Bas a réuni 5 Ministres (Pays-Bas, Norvège, République centrafricaine, Gabon, Serbie), une centaine d’officiels de plus de 70 pays, des représentants des institutions internationales (HCDH, Conseil de l’Europe, OSCE, PNUD, ONU Sida…) et surtout  environ 180 personnes de la société civile dont 80 ONGs du Sud. Certaines d’entre elles ont pris des risques du seul fait de s’exposer en répondant à notre invitation.</p>
<p>Tous ensemble, nous avons travaillé à élaborer une stratégie pour prolonger et renforcer la dynamique internationale créée autour de la déclaration de décembre. Un nouveau pas vient d’être franchi. Non sans difficultés. L’espoir est là aussi. Toutes ces personnes présentes hier, engagées dans une lutte quotidienne dans leur pays, connaissent la valeur de l’action menée. Nous voulons nous construire l’avenir. Il est à l’échelle du monde.</p>
<p>L’une des devises les plus connues de Magnus Hirschfeld était « par la connaissance vers la justice ». La connaissance est multiple, mais celle que nous avons et que vous rappelez aujourd’hui est précieuse et doit trouver toute sa place dans cette « marche vers la justice » : c’est la connaissance d’une persécution systématique des homosexuels, aux côtés de cette monstruosité humaine qu’a été la shoah. C’est pourquoi je suis fière d’être parmi vous pour m’associer à l’hommage aux victimes de la déportation et, parmi elles, celles qui se sont vues entraîner dans cette horreur du seul fait de leur sexualité.</p>
<p>On se souvient des calculs d’Himmler : pour les nazis, les homosexuels représentaient un danger pour la race aryenne dont ils ne permettaient pas la reproduction. Voilà la raison qui a conduit 10.000 à 15.000 personnes en camp de concentration, 60% d’entre eux à la mort. Mais rappelons nous aussi que l’Allemagne nazie n’était pas la seule à développer, à cette époque, une persécution active. C’est aussi ça la connaissance, c’est aussi ça que porte votre cérémonie dédiée à l’hommage aux victimes de l’homophobie.</p>
<p>Dans cette longue liste de la barbarie les exemples ne manquent pas dans notre seule histoire récente : souvenons-nous de la décision d’officiers du centre d’entraînement naval de Newport en 1919 d’envoyer des « appâts » dans des escadrons pour détecter les homosexuels, souvenons nous du « D » de dégénéré que certains GI’s suspectés d’homosexualité devaient porter en guise de punition dans les années 30, de la campagne anti-lesbiennes conduite en angleterre en 1928 à la suite de la publication du livre de Radcliffe-Hall, « le puits de la solitude », des hôpitaux, des cours martiales des années 40, de la surveillance étroite de certains groupes homosexuels conduite en France dans ces mêmes années. Oui, la liste est longue. Trop longue.</p>
<p>Connaissance et mémoire sont liés. Le régime nazi a détruit les 10.000 livres de l’institut Hirschfield à Berlin, les résultats du questionnaire de 130 questions qu’il avait envoyé à 10.000 personnes mais il n’a pas détruit la mémoire de leur existence. Pas plus que tous ceux qui se sont attaqués avec violence aux homosexuels n’ont détruit la mémoire de leurs vies. L’action des associations, et en particulier la vôtre, « les oubliés de la mémoire », contribue à cette connaissance, et je veux la saluer. C’est une action juste, méritante, digne.</p>
<p>De nombreuses femmes, de nombreux hommes sont tombés de tout temps victimes de la barbarie. Parmi eux, des homosexuels, des lesbiennes, des transsexuels dont le seul crime était de vouloir vivre librement leur sexualité. Avec leur mémoire vivante, célébrons la liberté, construisons la ensemble. Pour qu’un jour cela n’arrive plus.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
<p>Discours prononcé en hommage aux victimes de l&#8217;homophobie dans l&#8217;histoire, manifestation organisée par l&#8217;association &laquo;&nbsp;<a href="http://www.devoiretmemoire.org/">les oubliés de la mémoire&nbsp;&raquo;</a>.</p>
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		<title>Intervention en ouverture du Congrès mondial sur les droits de l’Homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2009 14:27:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>
		<category><![CDATA[LGBT]]></category>

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		<description><![CDATA[La liberté de l’Homme est toujours à conquérir.
Sa dignité toujours à défendre.
Le combat pour les valeurs est un combat toujours recommencé.
Mesdames et Messieurs le Ministres, Cher Robert Badinter, Chers Amis venus de tous les continents, c’est un honneur pour moi d’ouvrir aujourd’hui ce Congrès mondial sur les droits de l’Homme, l’orientation sexuelle et l’identité de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La liberté de l’Homme est toujours à conquérir.</p>
<p>Sa dignité toujours à défendre.</p>
<p>Le combat pour les valeurs est un combat toujours recommencé.</p>
<p>Mesdames et Messieurs le Ministres, Cher Robert Badinter, Chers Amis venus de tous les continents, c’est un honneur pour moi d’ouvrir aujourd’hui ce Congrès mondial sur les droits de l’Homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre à l’Assemblée nationale.</p>
<p>La Loi émancipe. La Loi protège. La Loi garantit les droits de l’Homme.</p>
<p>Au fronton de l’Assemblée nationale sont inscrits ces trois principes : la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, qui sont en France au fondement de notre pacte républicain.</p>
<p>Que ces trois principes donnent force d’inspiration à nos débats.</p>
<p>Nous sommes réunis à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai. Dans ce lieu symbolique qu’est l’Assemblée nationale, institution républicaine par excellence, où tant de combats ont commencé, où tant de luttes sont parachevées.</p>
<p>Il y a un an la France a reconnu officiellement la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. Cette reconnaissance consacre l’engagement renouvelé du gouvernement français à lutter contre les discriminations, à  combattre toutes les discriminations.</p>
<p>Ce combat est au cœur de la mission que m’ont confiée le Président de la République et le Premier Ministre en me chargeant au nom de la France de défendre et de faire vivre ces valeurs qui sont au principe de la Déclaration universelle des droits de l’Homme dont nous avons célébré il y a quelques mois le 60ème anniversaire.</p>
<p>Je dis bien lutter contre toutes les discriminations.</p>
<p>Il n’y pas de discriminations mineures : il n’y a que des combats qu’on ne relève pas.</p>
<p>Les droits sont indivisibles. L’atteinte ou le déni de l’un sont souvent la ruine de tous les autres.</p>
<p>Face aux discriminations, notre volonté doit être sans faille.</p>
<p>Ce refus s’inscrit dans nos valeurs.</p>
<p>Dans la fidélité au message humaniste que nous ont légué les Lumières.</p>
<p>Dans la fidélité aux combats que mènent les défenseurs des droits de l’Homme, partout dans le monde.</p>
<p>Ces discriminations, qu’elles touchent à la couleur de la peau, à l’origine, à la santé, à l’âge, aux convictions, nous ne devons rien leur céder, nous devons les débusquer, les combattre, sans relâche.</p>
<p>Nous combattons donc aussi celles qui sont fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.</p>
<p>C’est dans cette conviction forte que soixante sept Etats, de cinq continents, ont décidé, en décembre dernier, à l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, de lancer un appel à la dépénalisation universelle de l’homosexualité.</p>
<p>Cette initiative, que j’ai voulue et que nous avons portée avec les Pays-Bas et des pays de tous les continents dans la continuité des initiatives néo-zélandaise et norvégienne de 2005 et 2006, est une étape essentielle dans la reconnaissance du caractère inacceptable des violations de droits de l’Homme en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Car le combat pour l’être humain, sa dignité et ses droits, est un combat qui doit être inlassablement repris, poursuivi et approfondi.</p>
<p>C’est dans cette perspective que s’inscrit ce Congrès mondial, qui réunit des participants de près de 100 pays, qu’ils soient représentants d’Etats et d’organisations internationales ou défenseurs des droits de l’Homme et qui a été rendu possible grâce à l’implication forte à nos côtés de la Norvège et des Pays-Bas. Je les en remercie de tout coeur.</p>
<p>Nous devons aller plus loin, être plus exigeant, à la fois dans le respect des normes et dans leur élaboration, mais aussi dans leur mise en œuvre, sur le terrain.</p>
<p>Rappelons-nous que l’Organisation mondiale de la santé n’a arrêté qu’en 1992 de considérer l’homosexualité comme une maladie.</p>
<p>Près de 80 Etats pénalisent encore l’homosexualité ou l’affirmation de l’identité de genre vécue par un individu.</p>
<p>Sept pays recourent à la peine capitale pour ce qu’ils considèrent être un crime !<br />
La société civile, les défenseurs des droits de l’Homme,<br />
vous, qui avez parfois fait un long voyage pour être parmi nous,<br />
jouez un rôle de premier plan et souvent très exposé à cet égard.</p>
<p>Vous venez parfois de pays où votre combat n’est pas reconnu ou que les autorités souhaitent réduire au silence.</p>
<p>C’est pourtant grâce à votre lutte au quotidien, dans des conditions souvent très difficiles, voire dangereuses pour vous et pour vos proches, que peuvent apparaître les véritables changements.</p>
<p>Pour cette raison, je tiens particulièrement à vous rendre hommage. J’espère que ce Congrès, comme la déclaration du 18 décembre dernier que nous avons fait aboutir ensemble, est une raison pour vous d’espérer. Aujourd’hui nous vous apportons notre soutien et l’engagement renouvelé de conquérir ensemble de nouveaux espaces de liberté et de justice.</p>
<p>La tâche est difficile. Nous avons pu le constater tout au long de la campagne en faveur de la déclaration du 18 décembre. Nous nous sommes heurtés souvent à l’incompréhension, voire à l’hostilité ouverte.  Nous avons du affronter des campagnes de dénigrement.</p>
<p>Nous ne pouvons certes décréter le changement des mentalités. Mais il nous appartient à tous, Etats ou organisations internationales, de soutenir les actions de promotion des droits de l’Homme et le combat pour l’acceptation de la diversité humaine et l’universalité des droits de l’Homme.</p>
<p>Nous devons faire évoluer les esprits et les mentalités.</p>
<p>Nous ne jetons pas l’anathème.</p>
<p>Nous ne combattrons pas la stigmatisation par la stigmatisation.</p>
<p>A l’intolérance, nous opposerons l’éducation.</p>
<p>A l’arbitraire, le progrès des normes.</p>
<p>Au silence, la protestation.</p>
<p>Car diversité humaine et universalité des droits, loin d’êtres contradictoires comme certains voudraient le faire croire, sont interdépendantes et se renforcent mutuellement.</p>
<p>Il n’est pas question ici de faire la promotion d’un modèle de société particulier qui serait issu d’une culture déterminée, mais bien de combattre l’esprit d’intolérance, toujours si prompt à fermer les esprits.</p>
<p>Rien ne saurait justifier qu’on se cache derrière le paravent de la culture pour s’affranchir du respect de la dignité humaine.</p>
<p>Quand nous parlons de droits de l’Homme, nous parlons de la dignité de tous les individus.</p>
<p>L’universel et le particulier sont indissociables.</p>
<p>On touche ici une difficulté essentielle, celle du juste équilibre de l’intervention des pouvoirs publics pour protéger l’individu dans la société. La pénalisation de l’homosexualité et les violences dont sont victimes les personnes trans sont inacceptables.</p>
<p>C’est pour nous une évidence.</p>
<p>Mais tout aussi inacceptable est la violation d’un droit fondamental constituée par l’inaction de l’Etat. Les autorités ont le devoir de punir les responsables de violences, y compris quand celles-ci sont fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des victimes.</p>
<p>La culture de l’impunité est un poison destructeur.</p>
<p>Mais alors, que faire ? Agir. Sans ostracisme. Mais avec pédagogie et obstination. Face à ces pratiques,  nous devons avancer pas à pas, avec détermination, pour faire en sorte que ce qui est acceptable pour certains à un moment donné devienne intolérable pour tous. Votre combat, notre combat, va dans le sens de la justice et de l’Humanité.</p>
<p>Pour cette raison, la France a souhaité réaffirmer l’importance qu’elle accorde à la lutte contre toutes les violations des droits de l’Homme à travers des actions concrètes.</p>
<p>L’Union européenne a développé une véritable diplomatie des droits de l’Homme. Cette politique s’est concrétisée notamment avec la définition de lignes directrices &#8211; en faveur des défenseurs des droits de l’Homme, contre la torture, contre la peine de mort… &#8211; qui sont autant de rappels pour les Etats à avancer vers une meilleure protection des droits de tous, y compris des personnes LGBTI.</p>
<p>J’ai souhaité que des instructions opérationnelles spécifiques soient envoyées à toutes nos Ambassades, auxquelles il est demandé de prendre des initiatives concrètes en faveur de la promotion des droits de l’Homme des personnes LGBTI et de soutenir les défenseurs des droits de l’Homme oeuvrant contre les discriminations dont elles sont victimes. Nos Ambassades doivent être des maisons des droits de l’Homme également pour les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et intersexes. Le partenariat avec les Défenseurs des droits de l&#8217;Homme peuvent encore être développés localement, grâce des rencontres, des invitations, des échanges, des interventions en leur faveur.</p>
<p>Mais cela n’est pas suffisant. Nous devons donner à ce partenariat avec les ONGs des moyens concrets.</p>
<p>C’est pourquoi je souhaite aujourd’hui vous annoncer que le Ministère des Affaires étrangères et européennes a pris la décision de créer un fonds de concours pour la défense des droits de l’Homme, de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, qui permettra de réunir des contributions financières publiques, mais aussi privées, consacrées spécifiquement à ce seul objectif du soutien aux ONGs LGBTI.</p>
<p>Ensemble, nous allons nous mobiliser pour alimenter ce fonds. Mais je peux d’ores et déjà annoncer que la France et la Norvège ont d’ores et déjà décidé d’y contribuer. Notre objectif : atteindre très rapidement un capital de 50.000 euros pour pouvoir commencer dès 2009 à soutenir des projets d’ONG.</p>
<p>Je voudrais pour conclure remercier tout particulièrement les membres du comité de pilotage de congrès, et en particulier les coordinateurs des quatre tables rondes,<br />
M. Joël Bedos de comité IDAHO,<br />
M. Bernard Scholl d’Amnesty Interntional,<br />
M. Antonio Manganella d’AIDES, et<br />
M. Mauro Cabral de Mulabi et GATE.<br />
Grâce à leur travail et leurs efforts, je suis certaine que les discussions seront très riches. L’organisation de ce congrès est la preuve qu’Etats et société civile peuvent entreprendre conjointement des actions utiles et constructives.</p>
<p>Il est important de continuer à avancer avec vous, ensemble. De fédérer et conjuguer nos forces. Ce Congrès est un laboratoire d’idée pour les défenseurs des droits de l’Homme des personnes LGBTI du monde entier, mais aussi pour les Etats afin de proposer des voies, politiques et juridiques, pour progresser vers le respect universel des droits de l’Homme. Je vous souhaite à tous des débats utiles et fructueux tout au long de cette journée qui sera, j’en suis certaine, un succès et une nouvelle étape.</p>
<p>Je vous remercie</p>
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		<title>Intervention lors de la 119ème session ministérielle du Conseil de l’Europe</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 07:12:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous célébrons cette année le 60ème anniversaire du Conseil de l’Europe. La France s’honore d’accueillir à Strasbourg cette institution qui joue un rôle irremplaçable et fondamental dans la promotion de la paix et le respect des droits de l’Homme sur le continent européen.
En effet, depuis 60 ans, le Conseil de l’Europe défend et promeut sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous célébrons cette année le 60ème anniversaire du Conseil de l’Europe. La France s’honore d’accueillir à Strasbourg cette institution qui joue un rôle irremplaçable et fondamental dans la promotion de la paix et le respect des droits de l’Homme sur le continent européen.</p>
<p>En effet, depuis 60 ans, le Conseil de l’Europe défend et promeut sans faillir la démocratie, les droits de l’homme et l’Etat de droit.</p>
<p>Il a eu un rôle d’intégration capital pour les jeunes démocraties des ex-pays de l’Est.</p>
<p>Il a permis la mise en place d’un mécanisme de contrôle juridictionnel qui est essentiel au respect des droits de l’Homme.</p>
<p>Le Conseil de l’Europe se trouve aujourd’hui à un tournant de son histoire et doit relever de nombreux défis.</p>
<p>Le premier d’entre eux est le fonctionnement de la Cour européenne des Droits de l’Homme à laquelle je voudrais rendre hommage pour le travail fantastique qu’elle mène depuis tant d’années dans des conditions pas toujours simples.</p>
<p>Car la cour est victime de son succès. Son engorgement est préoccupant, mais il n’est pas une fatalité : il convient désormais de favoriser les mesures d’ordre interne susceptibles d’atténuer l’afflux de recours devant la Cour, sans nuire aux justiciables. Nous renouvelons à cet égard notre appel et nos vifs encouragements à la Russie pour la ratification du protocole 14.</p>
<p>En attendant, il faut saluer l’adoption aujourd’hui de mesures alternatives susceptibles de favoriser le désengorgement de la Cour. La défense des droits de l’Homme et des libertés fondamentales doit rester une priorité pour tous, et en particulier &#8211; c’est là le second défi &#8211; pour le Conseil de l’Europe.</p>
<p>La France souhaite en effet que l’organisation poursuive son recentrage sur ses missions essentielles que sont la défense des droits de l’homme et la promotion de la démocratie et de l’Etat de droit.</p>
<p>Au-delà de cette nécessité institutionnelle, nous devons enfin être ambitieux pour faire progresser ensemble les droits de l’Homme dans notre espace commun : il s’agit de notre troisième défi.</p>
<p>A cet égard, la défense des droits des femmes et notamment la lutte contre les violences à leur encontre doit être érigée comme une priorité commune : je souhaite que la réflexion en cours sur de nouveaux instruments conventionnels puisse aboutir le plus vite possible.</p>
<p>Il faut également renforcer les initiatives du Conseil de l’Europe sur la lutte contre les discriminations, notamment celles liées à l’orientation sexuelle.</p>
<p>Je salue à cet égard l’action déterminante de l’ensemble des organes du Conseil de l’Europe et je remercie le Commissaire Hammarberg qui contribuera au Congrès que la France organise dans trois jours sur l’orientation sexuelle et les droits de l’Homme. Nous appuierons toute initiative du Conseil de l’Europe dans ce domaine.</p>
<p>Permettez-moi pour conclure de remercier la présidence espagnole pour son action, dont la France a soutenu les priorités. Nous formons des vœux chaleureux pour la Présidence slovène.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
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		<title>Ce sucre, demande-toi d&#8217;où il vient!</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 19:08:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Non, Pierre-Christophe, il n’y a pas eu besoin d’insistance pour que je vienne inaugurer cette poignante exposition ! Car, me retrouver ici, à Boulogne-Billancourt, est un grand moment !
Eh oui, j’ai habité cette belle ville de Boulogne-Billancourt de 2000 à 2002, durant des années décisives, celles durant lesquelles je préparais les concours administratifs (juste après sciences-po). Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Non, Pierre-Christophe, il n’y a pas eu besoin d’insistance pour que je vienne inaugurer cette poignante exposition ! Car, me retrouver ici, à Boulogne-Billancourt, est un grand moment !</p>
<p>Eh oui, j’ai habité cette belle ville de Boulogne-Billancourt de 2000 à 2002, durant des années décisives, celles durant lesquelles je préparais les concours administratifs (juste après sciences-po). Et ces années-là, parce qu’elles conditionnaient mon avenir, je ne les oublierai jamais. Je n’oublierai jamais les couloirs de l’espace Landowski, cette bibliothèque de Boulogne qui a hébergé tant de mes doutes et de mes espoirs ! C’est donc avec une grande émotion que je me retrouve parmi vous pour ce retour à des sources ! Merci Pierre-Christophe de m’avoir donné cette opportunité de retrouver, ici à Boulogne, une part de mes racines et tant de visages familiers !</p>
<p>«<em> Quand</em></p>
<p><em>Quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre</em></p>
<p><em>Au carnaval des autres</em></p>
<p><em>Ou dans les champs d’autrui</em></p>
<p><em>L’épouvantail désuet</em> »</p>
<p>Ces vers du poète Aimé Césaire ne m’ont pas quittée pendant que je visitais l’exposition photographique de Céline Anaya Gauthier. Comment restituer par le langage l’émotion que suscitent ces images, sinon par le détour poétique ?</p>
<p>Dans le désordre du monde et face au scandale de la misère, de l’exploitation extrême, le regard photographique appelle le vocabulaire du dénuement. Le chapeau du <em>bracero</em>, coupeur de canne à sucre. Les murs dépouillés des baraques des <em>bateys</em> &#8211; ces campements construits pour héberger les ouvriers saisonniers &#8211; sur lesquels des traits, des dessins à peine esquissés, des cœurs, des croix, exhibent, tout en retenue, les stigmates de ces destins naufragés. Des écrans d’écriture pour ces « esclaves arrimés de cœurs lourds ».</p>
<p>La vivacité des couleurs soutient la vigueur de la dénonciation. Des bleus rois pour ces « esclaves de «paradis ». Des roses et des verts d’enfants pour ces modernes « damnés de la terre ».</p>
<p>Plan large : une plantation sous des cieux illuminés, une figurine, noire, au loin - on dirait un tableau de Millet. Le corps est instrument, l’outil fait corps avec le coupeur de canne. Le corps parle.</p>
<p>« <em>C’est une main tuméfiée,</em></p>
<p><em>Une blessée-main-ouverte,</em><span style="mso-spacerun: yes;"><em>  </em></span></p>
<p><em>Tendue</em></p>
<p><em>Brunes, jaunes, blanches,</em></p>
<p><em>A toutes les mains, à toutes les mains blessées,</em></p>
<p><em>Du monde </em>»</p>
<p>Cette main blessée nous adresse un message : la proclamation de l’universel en chaque homme et le refus au nom des droits de l’homme de toutes les formes d’esclavage et de la traite des esclaves.</p>
<p>Universalité et humanisme. Des hommes, des femmes, des enfants plantent leur regard dans le nôtre, nous spectateurs. Cette femme sans âge, le visage incliné, la tête ceinte d’un fichu cyan, me rappelle le portrait de William Casby, né esclave, pris par Richard Avedon en 1963. Une photographie dont Roland Barthes, dans <em>La chambre claire</em>, disait qu’elle était « l’essence de l’esclavage ici mise à nu ». Un masque : « ce qui fait d’un visage le produit d’une société et de son histoire ».</p>
<p>La situation de ces immigrés haïtiens en République dominicaine, on la connaît, malheureusement. Permettez-moi de la rappeler en quelques mots : environ 500.000, c’est le nombre des travailleurs migrants d’Haïti présents dans les plantations dominicaines de canne à sucre. Proie toute désignée de réseaux clandestins de passeurs et de trafiquants, ils deviennent ouvriers saisonniers dans l’industrie de la canne à sucre dont ils resteront captifs, dans des conditions de vie insalubres, exploités et privés de leurs droits élémentaires.</p>
<p>En octobre 2007, une mission d’enquête de l’ONU sur les discriminations en République dominicaine concluait que « <em>même s’il n’existe pas de politique officielle discriminatoire, il existe dans la société une attitude raciste profonde à l’égard aussi bien des Haïtiens que de leurs descendants et des Dominicains de race noire</em> ».</p>
<p>L’immigration illégale s’accompagne toujours de la même cohorte de maux : discrimination, racisme, xénophobie, exploitation, violence.</p>
<p>Lors de la présidence française de l’Union européenne au deuxième semestre 2008, sous mon impulsion, nous avons accordé la priorité de notre action dans le domaine des droits de l’homme à la promotion et la défense des droits des femmes, à la lutte contre les violences à leur encontre. La lutte contre les formes modernes de l’esclavage et de la traite des êtres humains relève de ce combat.</p>
<p>Aux Nations Unies, les organes en charge des droits de l’homme, en particulier le Groupe de travail sur les formes contemporaines d’esclavage, recueillent les multiples témoignages sur les pratiques esclavagistes actuelles. Les conclusions révèlent qu’il n’y a pas de distinction nette entre les différentes formes d’esclavage. Les mêmes familles, les mêmes personnes, dès lors qu’elles sont exposées à l’extrême pauvreté, sont les victimes de plusieurs formes modernes d’esclavage : travail servile, travail forcé, travail des enfants, prostitution enfantine, trafic des êtres humains…</p>
<p>Ce Groupe de travail suit la mise en œuvre par les Etats signataires des trois conventions universelles relatives à l’esclavage : celle de 1926 sur la prévention et la répression de la traite des esclaves ; celle de 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ; celle de 1956 relative à l’abolition de l’esclavage.</p>
<p>La convention de 1926 définit l&#8217;esclavage comme « l&#8217;état ou condition d&#8217;un individu sur lequel s&#8217;exercent les attributs du droit de propriété ou certains d&#8217;entre eux ». Une définition élargie en 1956 pour inclure les pratiques et institutions en matière de servitude pour dettes, de formes serviles de mariage et d’exploitation des enfants et des adolescents.</p>
<p>Aujourd’hui, l’adaptation de nos instruments aux nouvelles pratiques esclavagistes doit se poursuivre. L’Organisation des nations unies, les autorités gouvernementales, les organisations non gouvernementales, les collectivités locales, tous les acteurs politiques doivent maintenir une extrême vigilance et sensibiliser l’opinion aux formes contemporaines de l’esclavage.</p>
<p>Je salue l’initiative de la ville de Boulogne-Billancourt qui nous réunit aujourd’hui, à l’occasion du lancement de la Semaine Nationale du Développement Durable, et qui présente le mérite de jeter sur la lutte contre l’esclavage un éclairage nouveau.</p>
<p>Comme chacun sait, la ville de Boulogne-Billancourt a fait du développement durable l’une de ses priorités. Cette année, Monsieur le Député-Maire, Mon Cher Pierre-Christophe, tu as choisi d’engager ta ville et ses habitants dans la Semaine Nationale du Développement Durable en proposant des actions de sensibilisation sur le thème « Vivons responsables ».</p>
<p>En inaugurant cette exposition, en prenant pour exemple le circuit de production du sucre &#8211; des plantations dominicaines aux morceaux que nous consommons &#8211; tu ouvres une réflexion sur le commerce équitable. Tu poses la question de la juste rémunération des producteurs, d’une éthique du commerce, du respect des droits de l’homme dans l’équilibre alimentaire du monde.</p>
<p>Monsieur le Député-maire, Mesdames et Messieurs les conseillers, je souhaite vous assurer de mon total soutien dans votre démarche. Cette initiative nous rappelle, à nous tous citoyens et consommateurs, que le développement durable impose le respect des droits de l’homme à chaque étape de production. Elle nous rappelle le prix moral du sucre. Trop souvent, notre sucre est doux-amer ; il a le goût de « la récolte douce des larmes », pour reprendre le beau titre d’un roman d’Edwige Danticat, écrivain haïtienne.</p>
<p>Alors, demandez-vous, chers amis, à chaque fois que vous sucrerez votre « petit noir », d’où vient ce sucre ! Demandez-vous s’il n’a pas été fabriqué par des « damnés de la Terre ». Si c’est le cas, alors le sucre n’aura jamais plus le même goût !</p>
<p>Le développement durable renvoie à une humanité durable, c’est-à-dire une humanité pour laquelle les valeurs de respect et de responsabilité modèlent et modèleront nos gestes les plus quotidiens.</p>
<p>J’aimerais conclure, comme j’ai commencé, par les mots du poète :</p>
<p>« <em>Peuple de mauvais sommeil rompu</em></p>
<p><em>Peuple d’abîmes remontés</em></p>
<p><em>Peuple de cauchemars domptés</em></p>
<p><em>Peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre</em></p>
<p><span><em>Demain plus haut plus doux plus large</em> »</span></p>
<p>Cette espérance est la nôtre. C’est la mienne. Nul doute que c’est aussi celle des citoyens boulonnais et de vous tous dans cette salle.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
<p>(Boulogne-Billancourt, Inauguration de l&#8217;exposition photos de Céline Anaya Gauthier, &laquo;&nbsp;Esclaves au paradis&nbsp;&raquo;)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ce sucre, demande-toi d&#039;où il vient!</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 19:08:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>

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		<description><![CDATA[Non, Pierre-Christophe, il n’y a pas eu besoin d’insistance pour que je vienne inaugurer cette poignante exposition ! Car, me retrouver ici, à Boulogne-Billancourt, est un grand moment !
Eh oui, j’ai habité cette belle ville de Boulogne-Billancourt de 2000 à 2002, durant des années décisives, celles durant lesquelles je préparais les concours administratifs (juste après sciences-po). Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Non, Pierre-Christophe, il n’y a pas eu besoin d’insistance pour que je vienne inaugurer cette poignante exposition ! Car, me retrouver ici, à Boulogne-Billancourt, est un grand moment !</p>
<p>Eh oui, j’ai habité cette belle ville de Boulogne-Billancourt de 2000 à 2002, durant des années décisives, celles durant lesquelles je préparais les concours administratifs (juste après sciences-po). Et ces années-là, parce qu’elles conditionnaient mon avenir, je ne les oublierai jamais. Je n’oublierai jamais les couloirs de l’espace Landowski, cette bibliothèque de Boulogne qui a hébergé tant de mes doutes et de mes espoirs ! C’est donc avec une grande émotion que je me retrouve parmi vous pour ce retour à des sources ! Merci Pierre-Christophe de m’avoir donné cette opportunité de retrouver, ici à Boulogne, une part de mes racines et tant de visages familiers !</p>
<p>«<em> Quand</em></p>
<p><em>Quand donc cesseras-tu d’être le jouet sombre</em></p>
<p><em>Au carnaval des autres</em></p>
<p><em>Ou dans les champs d’autrui</em></p>
<p><em>L’épouvantail désuet</em> »</p>
<p>Ces vers du poète Aimé Césaire ne m’ont pas quittée pendant que je visitais l’exposition photographique de Céline Anaya Gauthier. Comment restituer par le langage l’émotion que suscitent ces images, sinon par le détour poétique ?</p>
<p>Dans le désordre du monde et face au scandale de la misère, de l’exploitation extrême, le regard photographique appelle le vocabulaire du dénuement. Le chapeau du <em>bracero</em>, coupeur de canne à sucre. Les murs dépouillés des baraques des <em>bateys</em> &#8211; ces campements construits pour héberger les ouvriers saisonniers &#8211; sur lesquels des traits, des dessins à peine esquissés, des cœurs, des croix, exhibent, tout en retenue, les stigmates de ces destins naufragés. Des écrans d’écriture pour ces « esclaves arrimés de cœurs lourds ».</p>
<p>La vivacité des couleurs soutient la vigueur de la dénonciation. Des bleus rois pour ces « esclaves de «paradis ». Des roses et des verts d’enfants pour ces modernes « damnés de la terre ».</p>
<p>Plan large : une plantation sous des cieux illuminés, une figurine, noire, au loin - on dirait un tableau de Millet. Le corps est instrument, l’outil fait corps avec le coupeur de canne. Le corps parle.</p>
<p>« <em>C’est une main tuméfiée,</em></p>
<p><em>Une blessée-main-ouverte,</em><span style="mso-spacerun: yes;"><em>  </em></span></p>
<p><em>Tendue</em></p>
<p><em>Brunes, jaunes, blanches,</em></p>
<p><em>A toutes les mains, à toutes les mains blessées,</em></p>
<p><em>Du monde </em>»</p>
<p>Cette main blessée nous adresse un message : la proclamation de l’universel en chaque homme et le refus au nom des droits de l’homme de toutes les formes d’esclavage et de la traite des esclaves.</p>
<p>Universalité et humanisme. Des hommes, des femmes, des enfants plantent leur regard dans le nôtre, nous spectateurs. Cette femme sans âge, le visage incliné, la tête ceinte d’un fichu cyan, me rappelle le portrait de William Casby, né esclave, pris par Richard Avedon en 1963. Une photographie dont Roland Barthes, dans <em>La chambre claire</em>, disait qu’elle était « l’essence de l’esclavage ici mise à nu ». Un masque : « ce qui fait d’un visage le produit d’une société et de son histoire ».</p>
<p>La situation de ces immigrés haïtiens en République dominicaine, on la connaît, malheureusement. Permettez-moi de la rappeler en quelques mots : environ 500.000, c’est le nombre des travailleurs migrants d’Haïti présents dans les plantations dominicaines de canne à sucre. Proie toute désignée de réseaux clandestins de passeurs et de trafiquants, ils deviennent ouvriers saisonniers dans l’industrie de la canne à sucre dont ils resteront captifs, dans des conditions de vie insalubres, exploités et privés de leurs droits élémentaires.</p>
<p>En octobre 2007, une mission d’enquête de l’ONU sur les discriminations en République dominicaine concluait que « <em>même s’il n’existe pas de politique officielle discriminatoire, il existe dans la société une attitude raciste profonde à l’égard aussi bien des Haïtiens que de leurs descendants et des Dominicains de race noire</em> ».</p>
<p>L’immigration illégale s’accompagne toujours de la même cohorte de maux : discrimination, racisme, xénophobie, exploitation, violence.</p>
<p>Lors de la présidence française de l’Union européenne au deuxième semestre 2008, sous mon impulsion, nous avons accordé la priorité de notre action dans le domaine des droits de l’homme à la promotion et la défense des droits des femmes, à la lutte contre les violences à leur encontre. La lutte contre les formes modernes de l’esclavage et de la traite des êtres humains relève de ce combat.</p>
<p>Aux Nations Unies, les organes en charge des droits de l’homme, en particulier le Groupe de travail sur les formes contemporaines d’esclavage, recueillent les multiples témoignages sur les pratiques esclavagistes actuelles. Les conclusions révèlent qu’il n’y a pas de distinction nette entre les différentes formes d’esclavage. Les mêmes familles, les mêmes personnes, dès lors qu’elles sont exposées à l’extrême pauvreté, sont les victimes de plusieurs formes modernes d’esclavage : travail servile, travail forcé, travail des enfants, prostitution enfantine, trafic des êtres humains…</p>
<p>Ce Groupe de travail suit la mise en œuvre par les Etats signataires des trois conventions universelles relatives à l’esclavage : celle de 1926 sur la prévention et la répression de la traite des esclaves ; celle de 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ; celle de 1956 relative à l’abolition de l’esclavage.</p>
<p>La convention de 1926 définit l&#8217;esclavage comme « l&#8217;état ou condition d&#8217;un individu sur lequel s&#8217;exercent les attributs du droit de propriété ou certains d&#8217;entre eux ». Une définition élargie en 1956 pour inclure les pratiques et institutions en matière de servitude pour dettes, de formes serviles de mariage et d’exploitation des enfants et des adolescents.</p>
<p>Aujourd’hui, l’adaptation de nos instruments aux nouvelles pratiques esclavagistes doit se poursuivre. L’Organisation des nations unies, les autorités gouvernementales, les organisations non gouvernementales, les collectivités locales, tous les acteurs politiques doivent maintenir une extrême vigilance et sensibiliser l’opinion aux formes contemporaines de l’esclavage.</p>
<p>Je salue l’initiative de la ville de Boulogne-Billancourt qui nous réunit aujourd’hui, à l’occasion du lancement de la Semaine Nationale du Développement Durable, et qui présente le mérite de jeter sur la lutte contre l’esclavage un éclairage nouveau.</p>
<p>Comme chacun sait, la ville de Boulogne-Billancourt a fait du développement durable l’une de ses priorités. Cette année, Monsieur le Député-Maire, Mon Cher Pierre-Christophe, tu as choisi d’engager ta ville et ses habitants dans la Semaine Nationale du Développement Durable en proposant des actions de sensibilisation sur le thème « Vivons responsables ».</p>
<p>En inaugurant cette exposition, en prenant pour exemple le circuit de production du sucre &#8211; des plantations dominicaines aux morceaux que nous consommons &#8211; tu ouvres une réflexion sur le commerce équitable. Tu poses la question de la juste rémunération des producteurs, d’une éthique du commerce, du respect des droits de l’homme dans l’équilibre alimentaire du monde.</p>
<p>Monsieur le Député-maire, Mesdames et Messieurs les conseillers, je souhaite vous assurer de mon total soutien dans votre démarche. Cette initiative nous rappelle, à nous tous citoyens et consommateurs, que le développement durable impose le respect des droits de l’homme à chaque étape de production. Elle nous rappelle le prix moral du sucre. Trop souvent, notre sucre est doux-amer ; il a le goût de « la récolte douce des larmes », pour reprendre le beau titre d’un roman d’Edwige Danticat, écrivain haïtienne.</p>
<p>Alors, demandez-vous, chers amis, à chaque fois que vous sucrerez votre « petit noir », d’où vient ce sucre ! Demandez-vous s’il n’a pas été fabriqué par des « damnés de la Terre ». Si c’est le cas, alors le sucre n’aura jamais plus le même goût !</p>
<p>Le développement durable renvoie à une humanité durable, c’est-à-dire une humanité pour laquelle les valeurs de respect et de responsabilité modèlent et modèleront nos gestes les plus quotidiens.</p>
<p>J’aimerais conclure, comme j’ai commencé, par les mots du poète :</p>
<p>« <em>Peuple de mauvais sommeil rompu</em></p>
<p><em>Peuple d’abîmes remontés</em></p>
<p><em>Peuple de cauchemars domptés</em></p>
<p><em>Peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre</em></p>
<p><span><em>Demain plus haut plus doux plus large</em> »</span></p>
<p>Cette espérance est la nôtre. C’est la mienne. Nul doute que c’est aussi celle des citoyens boulonnais et de vous tous dans cette salle.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
<p>(Boulogne-Billancourt, Inauguration de l&#8217;exposition photos de Céline Anaya Gauthier, &laquo;&nbsp;Esclaves au paradis&nbsp;&raquo;)</p>
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		<title>Déclaration relative aux droits de l&#8217;Homme, à l&#8217;orientation sexuelle et à l&#8217;identité de genre</title>
		<link>http://www.rama-yade.fr/2008/12/18/declaration-relative-aux-droits-de-lhomme-a-lorientation-sexuelle-et-a-lidentite-de-genre/</link>
		<comments>http://www.rama-yade.fr/2008/12/18/declaration-relative-aux-droits-de-lhomme-a-lorientation-sexuelle-et-a-lidentite-de-genre/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2008 17:37:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>
		<category><![CDATA[LGBT]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://www.rama-yade.fr/2008/12/18/declaration-relative-aux-droits-de-lhomme-a-lorientation-sexuelle-et-a-lidentite-de-genre/"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2008/06/lgbt.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="lgbt" /></a>Nous sommes réunis, ici, aux Nations unies, à l’occasion d’un jour historique. Soixante six Etats, de cinq continents, ont décidé de lancer un appel à la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Nous venons de célébrer, le 10 décembre, le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Qui est le manifeste solennel de notre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="lightbox" title="lgbt" href="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2008/06/lgbt.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-214" title="lgbt" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2008/06/lgbt.jpg" alt="" width="124" height="124" /></a>Nous sommes réunis, ici, aux Nations unies, à l’occasion d’un jour historique. Soixante six Etats, de cinq continents, ont décidé de lancer un appel à la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Nous venons de célébrer, le 10 décembre, le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Qui est le manifeste solennel de notre commune humanité. Qui proclame que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.</p>
<p>Au lendemain d’une des plus sombres et barbares convulsions de l’Histoire, des hommes et des femmes, de toutes origines, ont proclamé leur foi dans l’Homme, sa dignité et sa liberté. A la terrible inhumanité des hommes, ils ont opposé le rappel de leurs droits. De leurs droits universels, inaliénables et indivisibles. Le combat pour l’Homme, sa dignité et ses droits, est un combat inlassablement, repris et poursuivi.</p>
<p>Nous devons aller plus loin, être plus exigeant, à la fois dans le respect des normes et dans leur élaboration. C’est ma conviction qu’on ne doit jamais s’arrêter en chemin. Chaque violation, chaque atteinte aux droits fondamentaux doit être combattue. On ne doit jamais s’accommoder de l’injustice. On la répare. Chaque violation doit être exposée et dénoncée.<br />
C’est le silence qui est complice du crime et de l’infamie.</p>
<p>Aujourd’hui, soixante six Etats sortent de leur silence pour proclamer que la protection des libertés fondamentales et la question de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre ont partie liée.</p>
<p>En cette aube de XXIème siècle, comment accepter que des personnes soient pourchassées, emprisonnées, torturées et exécutées en raison de leur orientation sexuelle ? C’est pourquoi j’ai souhaité lancer cette année dans le prolongement des initiatives néo-zélandaise et norvégienne en 2005 et 2006, l’idée d’une déclaration politique à l’Assemblée générale des Nations unies pour accompagner et encourager l’évolution des mentalités.</p>
<p>La tâche est difficile. Nous avons pu le constater tout au long de la campagne en faveur de notre texte qui s’est parfois heurté à l’incompréhension, voire à l’hostilité ouverte, et le procès en sorcellerie. Les bûchers de l’intolérance sont de partout – et de toujours.</p>
<p>Est-ce une raison pour baisser les bras ? C’est dans les traités que s’enracinent les droits de l’Homme. Les Nations unies, ont été porteuses d’avancées indéniables dans le domaine des droits de l’Homme. Pourtant la diversité des Etats qui la composent, si elle est représentative de la richesse du monde, peut parfois constituer un frein à la reconnaissance de situations inacceptables qu’il nous appartient de corriger.</p>
<p>Rappelons-nous que l’Organisation mondiale de la santé n’a arrêté qu’en 1992 de considérer l’homosexualité comme une maladie. Près de 80 Etats pénalisent encore l’homosexualité ou l’affirmation de l’identité de genre vécue par un individu. Six pays recourent à la peine capitale pour ce qu’ils considèrent comme un crime.</p>
<p>Que faire ? Agir. Sans anathème. Sans ostracisme. Avec pédagogie. En traçant le chemin de l’avenir. Face à ces pratiques, nous devons avancer pas à pas, mais avec détermination, pour faire en sorte que ce qui est acceptable pour certains à un moment donné devienne intolérable pour tous quelques années plus tard.</p>
<p>Le droit est toujours une leçon de lucidité, de courage et de patience. C’est ce qui est en train de se produire, je veux le croire, sur les droits de l’Homme appliqués aux personnes LGBT.</p>
<p>La France a porté ce combat cette année avec de nombreux pays que je souhaite remercier, notamment les membres du Core group, M. Verhagen pour l’engagement des Pays-bas, mais aussi le Brésil, l’Argentine, la Norvège, le Gabon, la Croatie, le Japon. Ainsi que l’ensemble des soixante six Etats qui nous ont rejoint dans ce combat contre la discrimination et en faveur de l’universalité.</p>
<p>Il n’est pas question ici de faire la promotion d’un modèle de société particulier qui serait issu d’une culture déterminée, mais de combattre l’esprit d’intolérance. Le fait que des pays de tous les continents se soient d’abord associés pour écrire le texte puis le soutenir en est la preuve. Quand nous parlons de droits de l’Homme, nous parlons de la dignité de tous les<br />
individus.</p>
<p>L’universel et le particulier sont indissociables. La culture ne saurait justifier des atteintes à la vie privée.</p>
<p>Rien ne saurait justifier qu’on se cache derrière le paravent de la culture pour s’affranchir du respect de la dignité humaine. On touche ici une difficulté essentielle, celle du juste équilibre de l’intervention des pouvoirs publics pour protéger l’individu dans la société. La pénalisation de l’homosexualité est certes inacceptable, et l’objectif de la déclaration qui a été prononcée aujourd’hui est bien de rappeler ce qui nous apparaît comme une évidence. Mais tout aussi inacceptable est la violation d’un droit fondamental constituée par l’inaction de l’Etat. Les autorités ont le devoir de punir le responsable de violences, y compris quand celles-ci sont fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des victimes.</p>
<p>Nous en venons ici à la question qui préoccupe très directement une grande partie d’entre vous, défenseurs des droits de l’Homme. Vous venez parfois de pays où votre combat n’est pas reconnu ou que les autorités souhaitent réduire au silence. Il est évidemment de la plus haute importance que la communauté internationale se saisisse de la question et s’efforce de faire progresser le droit international et son interprétation.</p>
<p>C’est pourquoi nous sommes réunis ce jour.</p>
<p>Cependant, c’est surtout grâce à votre lutte au quotidien, opiniâtre, dans des conditions souvent très difficiles, voire dangereuses pour vous et pour vos proches, que peuvent apparaître les véritables évolutions.</p>
<p>Pour cette raison, je tiens particulièrement à vous rendre hommage, vous qui êtes si souvent exposés à l’esprit d’intolérance. J’espère que la déclaration que nous avons fait aboutir ensemble aujourd’hui est un levain d’espérance. Qu’elle vous apportera soutien et encouragement.</p>
<p>Nous ne pouvons décréter ici, aux Nations unies, le changement des mentalités. Mais il nous appartient à tous, Etats ou organisations internationales, de vous soutenir dans votre combat pour l’acceptation de la diversité humaine, qui n’est possible que grâce au respect de l’universalité des droits de l’Homme.</p>
<p><em>Discours prononcé à l&#8217;occasion du &laquo;&nbsp;Side Event&nbsp;&raquo; organisé par la France et les Pays-Bas en marge de l&#8217;Assemblée générale des Nations-Unies à New York le 18 décembre 2008</em><em>. </em></p>
<p><a href="http://www.droitslgbt2008.fr/" target="_blank">Voir le site consacré à cette déclaration</a></p>
<p><a href="http://apps.facebook.com/causes/167395?m=ab55de80" target="_blank">Rejoindre la cause Facebook coonsacrée à cette déclaration.</a></p>
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