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	<title>Rama Yade &#187; Monde</title>
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		<title>Retour d’Haïti, le choc et la terreur</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 21:46:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Je reviens d’Haïti, pays dévasté par le séisme du 12 janvier. Du Palais présidentiel aux maisons de fortune, en passant par la superbe cathédrale de Port-au-Prince (où l’archevêque a été retrouvé, enseveli), Haïti s’est effondrée comme un château de cartes.
J’ai traversé les rues écrasées de soleil dans la partie basse de la ville, celle qui m’était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je reviens d’Haïti, pays dévasté par le séisme du 12 janvier. Du Palais présidentiel aux maisons de fortune, en passant par la superbe cathédrale de Port-au-Prince (où l’archevêque a été retrouvé, enseveli), Haïti s’est effondrée comme un château de cartes.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai traversé les rues écrasées de soleil dans la partie basse de la ville, celle qui m’était devenue si familière lors de ma première visite en 2007. Partout, des tentes bleues et blanches. Partout, la désolation. Partout, des enfants nus, laissés à eux-mêmes. Partout, des graviers rassemblés en immenses tas par la main des hommes. Partout, le souvenir des corps coincés dans les gravats.</p>
<p style="text-align: justify;">300.000 morts, dit-on. Et partout, l’ombre des mutilés, qui dont les jambes ont été coupées dans l’urgence ; qui dont les bras ont été tranchés. Quelquefois, les deux. La nuit, Port-au-Prince, privée d’éclairages, me rappelle les Kivus, cette zone du Congo dévastée par la guerre, que je croyais être le pire de ce que j’avais vu au monde. Et la saison cyclonique s’annonce…</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, la vie. Les Haïtiens continuent de marcher. D’avancer. Pour ceux qui ont encore des jambes. Car, il faut bien vivre. Malgré la douleur, le choc, la peur de cette terre qui s’est éventrée sous leurs pieds, l’horreur de ce séisme que les enfants nomment « godululu ». Haïti est debout et veut qu’on le sache.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le silence du malheur, étonnant dans les rues malgré l’activité qui reprend, ce sont les murs qui parlent. Ici, on lit « A bas les ONG ! ». Pourquoi ? Là, le portrait d’Aristide, encore présent. Faut-il qu&#8217;il n&#8217;y ait plus rien pour que ce souvenir de l&#8217;ancien président déchu demeure si vivace. Là-bas, en rouge, est écrit : « A bas Préval (le président actuel avec lequel je me suis entretenue) ». Plus loin, le portrait dessiné de Toussaint Louverture, le père de l’héroïque indépendance, acquise par la force à Napoléon pour donner naissance à la première République noire au monde. Et à chaque coin de rue, une église évangélique, debout, brillant de mille feux et sentant l&#8217;odeur de l&#8217;argent.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est qu’au-delà des bâtiments, c’est l’homme haïtien qu’il faut reconstruire, comme me l’a si douloureusement soufflé l’épouse du maire de la capitale haïtienne. Après ce récit, voici le tourmenté Franketienne, dramaturge haïtien, qui me fait l&#8217;éloge de la liberté&#8230; Et non loin de là, dans les rues poussiéreuses, des hommes tombent en crise, pris d’hystérie. Des femmes craquent et cauchemardent éveillées. Des enfants perdent l’usage de la parole. Et les églises savent être présentes quand tout s’est effondré.</p>
<p style="text-align: justify;">Et qu’on ne compte plus sur les politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, le sport ? Oui, le sport, car il y a de l’éducatif dans le sport. J’ai donc amené avec moi une dizaine de fédérations françaises. Elles ont rencontré leurs consoeurs haïtiennes pour répondre à leurs besoins.</p>
<p style="text-align: justify;">Evans Lescouflair, courageux ministre haïtien des sports rencontré à Paris quelques semaines avant, m’a indiqué l’importance de fournir du matériel et de construire des équipements sportifs pour le million et demi de sans-abris en particulier les jeunes désoeuvrés. Alors, nos fédérations sont venues, généreuses, admirables, promettre pour la rentrée prochaine des tatamis, des formateurs, des chaussures, des kimonos, des ballons, des raquettes de tennis, des architectes…J’annonce l’envoi d&#8217;une vingtaine de volontaires, professeurs de sport.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis sentie fière de nos fédérations mais aussi misérable, quand le représentant de la fédération haïtienne de football demande où sont passés les dons récoltés lors de tous ces matchs de soutien à Haïti, joués en France ? Dans la main des ONG…Et pourquoi pas directement par nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">Silence. Interrogations.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;entends enfin le message rouge des murs de Port-au-Prince.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>Douloureuse Haïti</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Jan 2010 19:03:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour chaque compétition sportive de ce week-end, j&#8217;ai demandé une minute de silence, en soutien aux Haïtiens, victimes en ce moment d&#8217;un séisme meurtrier. Voici le discours que j&#8217;ai prononcé à Haïti, il y a plus de deux ans, le 14 septembre 2007,  à l&#8217;occasion d&#8217;un déplacement inoubliable à Port-au-Prince. L&#8217;hommage que j&#8217;avais alors rendu à Haïti est plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Pour chaque compétition sportive de ce week-end, j&#8217;ai demandé une minute de silence, en soutien aux Haïtiens, victimes en ce moment d&#8217;un séisme meurtrier. Voici le discours que j&#8217;ai prononcé à Haïti, il y a plus de deux ans, le 14 septembre 2007,  à l&#8217;occasion d&#8217;un déplacement inoubliable à Port-au-Prince. L&#8217;hommage que j&#8217;avais alors rendu à Haïti est plus que jamais d&#8217;actualité. Certains passages sonnent étrangement en ces moments de désespoir&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Mesdames, Messieurs,</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Il est peut-être des amitiés sans heurts, sans ombres, sans drames : la relation qui unit la France et Haïti n&#8217;est pas, en tous cas, de celles-là. Elle s&#8217;est nouée dans la douleur et le déchirement. Mais, peut-être en est-elle plus profonde. Elle a résisté à la distance et au temps. Je voudrais vous parler de cette amitié, rappeler notre mémoire commune, sans oublier ses blessures, mais aussi, et surtout, évoquer ce que pourrait être son avenir.</p>
<p>La colonie de Saint-Domingue était riche. Alors, il fallait en tirer un maximum pour enrichir la métropole engagée dans la traite et le commerce triangulaire. Que le XVIIIème siècle soit celui de la liberté n&#8217;empêchait pas tel philosophe éclairé, Voltaire, de placer son argent dans cet épouvantable commerce. C&#8217;était sans compter la Révolution française qui est venue poser les fondements d&#8217;un nouvel ordre politique, celui de la démocratie et des droits de l&#8217;Homme.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Haïtiens se sont alors emparés du discours des maîtres. Ils les ont pris au mot. Ils ont exigé pour eux-mêmes cette liberté et ces droits. Comme le dirait Brière, « cinq <em>siècles vous ont vu les armes à la main et vous avez appris aux races exploitantes la passion de la liberté</em> ». L&#8217;universalité seulement verbale était mise à l&#8217;épreuve des faits en Haïti d&#8217;où, « <em>la négritude se mit debout pour la première fois et dit qu&#8217;elle croyait à son humanité</em> », comme l&#8217;a écrit Aimé Césaire. Oh, bien sûr, ceux qui allaient bientôt s&#8217;appeler Haïtiens n&#8217;avaient pas attendu la Déclaration des droits de l&#8217;homme pour fuir les chaînes, marronner, encore et toujours, le plus loin possible, à n&#8217;importe quel prix. Mais, quand même, la déclaration de 1789 tonnait ces mots révolutionnaires : « <em>Tous les hommes naissent égaux</em>&#8230;» et pas seulement sur les rives de la Seine ou de la Tamise, à Berlin ou à Madrid, mais aussi, et tout autant, sous les Tropiques.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;indépendance d&#8217;Haïti viendra le 1er janvier 1804. La veille, le 31 décembre, les généraux s&#8217;étaient réunis aux Gonaïves, pour entendre lire l&#8217;Acte de cette indépendance. Dessalines l&#8217;écrivit la nuit, à sa table de travail, avec fièvre. Le lendemain, de grand matin, toujours aux Gonaïves, clairons et tambours résonnèrent de tous côtés. Soldats et civils, enthousiastes, bruyants, remplirent les rues en un clin d&#8217;oeil. Le peuple afflua des campagnes. Une foule immense, où femmes et jeunes filles richement parées coudoyaient les soldats, se pressa sur la place d&#8217;armes. A sept heures, tandis qu&#8217;un soleil radieux illuminait la Cité, Dessalines, entouré du brillant cortège des généraux, fendit la foule, gravit les marches de l&#8217;autel de la patrie et rappela, dans un véhément discours en créole, tous les tourments que les indigènes avaient endurés sous la domination française. En terminant, il s&#8217;écria le bras tendu : « <em>Jurons de combattre jusqu&#8217;au dernier soupir pour l&#8217;indépendance de notre pays </em>». Ce jour-là, de toutes les poitrines, jaillit, formidable, accentué par la voix sèche et rageuse des canons, le serment, mille fois répété, de « <em>vivre libre ou de mourir</em> ». Un nouvel Etat était né.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;esclavage ne résistera pas à cette secousse. Il a chancelé sur sa base. Exilien Heurtelou, le rédacteur en chef d&#8217;un fameux journal de Port-au-Prince, écrira plus tard : « <em>Nous, tous fils de l&#8217;Afrique, répandus dans cette vaste Amérique, nous avons l&#8217;oreille tendue, le coeur ouvert, attendant le premier bruit de la chute de l&#8217;esclavage pour pousser vers le ciel le plus vaste cri de joie qui, de la vallée terrestre y soit jamais monté</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;irruption sur la scène de l&#8217;Histoire mondiale de ces esclaves vainqueurs des troupes napoléoniennes, le triomphe de cette révolte devaient valoir à Haïti une renommée et un prestige qui demeurent aujourd&#8217;hui encore d&#8217;une exceptionnelle vivacité à travers les Amériques. Mais pas seulement. Aujourd&#8217;hui, chaque ville, chaque bourg, chaque localité d&#8217;ici chante l&#8217;épopée d&#8217;Haïti : Gonaïves, Cap-Haïtien, Jacmel, Les Cayes, Pétionville, Jérémie, Saint-Marc. A l&#8217;évocation de ces noms, les peuples noirs de tous pays en ont encore le vertige.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, dans votre histoire, la gloire le dispute au tragique. Voici Haïti martyr&#8230; Votre pays a souffert pendant deux siècles de régimes autoritaires, de dictatures sanglantes et d&#8217;une longue liste de coups d&#8217;Etat dont la série précipitée contraste avec l&#8217;immuable et désespérante misère du peuple&#8230; comme si un destin jaloux de cet éclat trop vif s&#8217;était acharné contre vous. Il revient aux historiens de se prononcer sur les raisons de cette évolution. Constatons, simplement, que rien ne préparait cette société écrasée par l&#8217;esclavage aux risques de la liberté. Le poids de l&#8217;oppression ne s&#8217;est pas évanoui avec le départ des colons. Il a continué à peser lourdement sur les esprits, à façonner les âmes et les comportements.</p>
<p style="text-align: justify;">Léon Laleau l&#8217;avait dit en termes forts :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Ce coeur obsédant, qui ne correspond</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Pas avec mon langage et mes coutumes,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Et sur lequel mordent, comme un crampon,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Des sentiments d&#8217;emprunt et des coutumes.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>D&#8217;Europe, sentez-vous cette souffrance</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Et ce désespoir à nul autre égal</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>D&#8217;apprivoiser, avec</em> <em>des mots de France,</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce coeur qui m&#8217;est venu du Sénégal ?</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut aussi difficile pour la France. Aujourd&#8217;hui, elle ne fuit plus ce passé. De la même manière qu&#8217;elle fut le premier Etat à édicter un code noir, elle a été la première à qualifier la traite et l&#8217;esclavage de crimes contre l&#8217;humanité, par la loi. C&#8217;est à l&#8217;honneur de notre pays de l&#8217;avoir fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, il faut donc, il faudrait, tourner la page du passé, non pas pour oublier mais pour dépasser. Aujourd&#8217;hui, le défi pour Haïti est d&#8217;avancer, de se donner les moyens d&#8217;inventer un avenir, de s&#8217;approprier la démocratie et la justice, après la liberté. &#8230;Car, Haïti avait commencé si fort, en 1804, qu&#8217;on attendait d&#8217;elle le meilleur. Qu&#8217;elle soit à la hauteur de son glorieux commencement. Victor Hugo l&#8217;avait prédit : « <em>l&#8217;enfant a secoué ce qui l&#8217;enserrait et il est actuellement en vol. Il finira par arriver et, en attendant, revendique sa place au milieu d&#8217;une civilisation qui ne le répudiera point </em>». Mais par leur coup d&#8217;éclat de 1804, Toussaint et Dessalines, fondateurs de la première république noire du monde, avaient placé la barre trop haut. Depuis, des générations d&#8217;Haïtiens se succèdent, chacune se demandant laquelle sera à la hauteur des pères fondateurs.</p>
<p>Mesdames, Messieurs. J&#8217;ai personnellement envie d&#8217;y croire. Pour la première fois depuis longtemps et sous l&#8217;impulsion du Président Préval, l&#8217;espoir renaît en Haïti. Je veux le croire de toutes mes forces et oeuvrer à vos côtés pour qu&#8217;il en soit ainsi. Haïti a repris le chemin de l&#8217;Etat de droit&#8230; Il y faudra du courage et de la détermination ? Certes, mais les Haïtiens, valeureux, n&#8217;en manquent pas.</p>
<p>Quant à l&#8217;aide internationale, &#8230; peut-elle suffire au peuple haïtien ? Les fils de Toussaint Louverture ne sont-ils pas mieux placés que n&#8217;importe qui d&#8217;autre pour savoir, à propos de l&#8217;aide, que « <em>la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit</em> » ? J&#8217;ai l&#8217;intime conviction qu&#8217;Haïti décidera de ce qu&#8217;elle veut, qu&#8217;elle peut séduire des investisseurs, comme l&#8217;y encourage Son Excellence le Président Préval.</p>
<p>&#8230;J&#8217;ai senti durant mon court séjour une grande volonté d&#8217;aller de l&#8217;avant. Je n&#8217;ai vu aucune résignation. D&#8217;ailleurs, le poste de dépenses le plus important pour les familles pauvres est celui de l&#8217;éducation. C&#8217;est dire leur foi en l&#8217;avenir !</p>
<p style="text-align: justify;">Or, le terreau est favorable, car Haïti est une terre de sa culture. Car, elle est une terre de création et d&#8217;imagination, admirée partout dans le monde, des galeries parisiennes à celles de New York. Sans doute parce que le génie créateur de Haïti épouse les contours de son histoire, ses espoirs comme ses soubresauts.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;indépendance a enfanté une littérature de combat avec Vastel ou Colombel. La naissance de la nation haïtienne a été portée en triomphe par le romantisme de Nau, Durand ou Coicou. L&#8217;occupation américaine a amené les artistes à se retremper dans les sources africaines avec Jean Price-Mars qui lança ce mot d&#8217;ordre enthousiaste : « <em>Nous</em> <em>n&#8217;avons la chance d&#8217;être nous-mêmes que si nous ne répudions aucune part de l&#8217;héritage ancestral</em> ». La poésie haïtienne en sera libérée jusqu&#8217;au sublime avec Jacques Roumain. L&#8217;exil ne tarira pas l&#8217;inspiration de ceux qui voulaient vivre et écrire libres comme René Depestre.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, surgissent de véritables raisons d&#8217;espérer. Je suis donc venue vous exprimer la solidarité de la France et vous assurer de son appui. Votre nation est jeune. Ambitionnons ensemble, pour elle, un avenir qui allie le bonheur et l&#8217;éclat. Il n&#8217;y a pas de raison que ce pays dont la diaspora est l&#8217;une des plus talentueuses au monde, ne se relève pas. L&#8217;immense effort qu&#8217;Haïti a déployé pour naître et renaître du transbord, comme dirait un écrivain antillais, cet immense effort, Haïti peut le refaire. Elle en a vu d&#8217;autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Et de son côté, Mesdames, Messieurs, je puis vous assurer qu&#8217;au beau nom d&#8217;Haïti, la France de Nicolas Sarkozy continuera de répondre. C&#8217;est lui qui m&#8217;a demandé de hâter ma venue en Haïti pour porter un message de fraternité au peuple haïtien. Qu&#8217;il m&#8217;ait demandé d&#8217;être la première à me rendre dans votre pays n&#8217;est pas non plus anodin. Il a souhaité présenter en Haïti le nouveau visage de la France. Cette France diverse, dont vous Haïtiens aviez rêvé. Nicolas Sarkozy savait également qu&#8217;au-delà de la France, nous aurions tant de choses à nous dire.</p>
<p style="text-align: justify;">Car, mes amis, quand je vois vos visages, quand je foule ce sol, il se passe quelque chose. Quelque chose de différent que lorsque je suis en Moldavie ou en Algérie. C&#8217;est qu&#8217;ici il y a une part de l&#8217;Afrique, où j&#8217;ai en partie grandi et d&#8217;où vous êtes venus dans de tragiques conditions. Cette Afrique qui regarde encore et regardera toujours Haïti comme une légende, son orgueil, sa blessure. J&#8217;aurais pu être haïtienne. Vous auriez pu rester africains. Il n&#8217;y a ici ni Wolofs ni Peuls mais je ne vois que des visages familiers ! Me trouver devant vous, vous parler au nom de la France, avec en arrière-fond cette histoire africaine que nous avons en partage, a quelque chose de déstabilisant mais de si prometteur. Il est des moments où l&#8217;histoire nous joue de drôles de tours. A moins que ce ne soit la France qui nous ait joué ce tour. Rien d&#8217;étonnant : c&#8217;est un génie typiquement français que de produire ce genre de quiproquos.</p>
<p style="text-align: justify;">La France a changé, Mesdames, Messieurs. Mais elle reste indéfectiblement liée à Haïti. Pendant mes premières heures ici, j&#8217;ai également vu que la France comptait pour Haïti. Un autre chemin s&#8217;ouvre devant nous. Vous pouvez compter sur moi.</p>
<p style="text-align: justify;"> Mesdames, Messieurs, je vous remercie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Discours au Karibe Convention Center (Port-au-Prince, Haïti), le vendredi 14 septembre 2007</em></p>
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		<title>Analyse: où va l&#8217;Iran?</title>
		<link>http://www.rama-yade.fr/2009/06/17/analyse-ou-va-liran/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 10:59:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>

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		<description><![CDATA[Des résultats contestés, des centaines de milliers de manifestants dans les rues des grandes villes ce week-end, des victimes, des arrestations, des journalistes qui peinent à faire leur travail, des pasdaran qui, dit-on, investissent les cités universitaires : l&#8217;Iran vit des heures décisives.
Celle de la rupture d&#8217;un équilibre politique, vieux de 20 ans, selon des chercheurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des résultats contestés, des centaines de milliers de manifestants dans les rues des grandes villes ce week-end, des victimes, des arrestations, des journalistes qui peinent à faire leur travail, des pasdaran qui, dit-on, investissent les cités universitaires : l&#8217;Iran vit des heures décisives.</p>
<p>Celle de la rupture d&#8217;un équilibre politique, vieux de 20 ans, selon des chercheurs sollicités ce matin pour en parler.</p>
<p>Depuis la mort de Khomeiny, la vie politique iranienne était, en effet, structurée autour d&#8217;un consensus fondé sur l&#8217;acceptation d&#8217;un régime autoritaire et théocratique et d&#8217;une politique étrangère nationaliste par les 3 factions politiques : réformateurs, conservateurs et radicaux. Au-dessus d&#8217;eux, le Guide suprême Khamenei, n°1 du régime, veillait à cet équilibre. Tous ces clans, y compris les réformateurs comme Moussavi, le challenger d&#8217; Ahmadinejad, sont issus et acceptés du sérail. On aurait tort, à cet égard, de présenter Moussavi comme un « intellectuel-libéral-occidentalisé », même s&#8217;il est plus ouvert au dialogue avec la communauté internationale.</p>
<p>Mais après les élections présidentielles de samedi, des lignes ont été franchies, remettant en cause ce consensus. Le régime a répondu à la contestation interne et aux allégations de fraude par la répression. La faction radicale estime désormais que le pouvoir lui revient exclusivement.</p>
<p>La raison de ce brutal changement : la peur. De quoi ? De changements profonds dans la société : sécularisation partielle, rajeunissement de la population, volonté d&#8217;ouverture, main tendue d&#8217;Obama qui remet en cause la vigueur des diatribes anti-occidentales. Surtout, le cœur du corps social iranien (commerçants, petits entrepreneurs et ouvriers), touché économiquement par l&#8217;embargo international, l&#8217;inflation et le chômage, a soif de changement. Et ce sont ces classes moyennes (plus encore que les étudiants) qui constituent aujourd&#8217;hui le moteur des manifestations actuelles. Ils sont très structurés. Quant à ceux qui soutiennent Ahmadinejad et qui ont défilé hier en sa faveur, ce sont surtout les pauvres dépendant des subsides du régime iranien pour survivre. Eux, ne sont mus par aucune idéologie ou une quelconque conviction (à part les bassadjis qui sont des militants politiques bénévoles), et peuvent basculer, un jour ou l&#8217;autre, du côté des réformateurs, si d&#8217;autres perspectives économiques s&#8217;ouvraient à eux.</p>
<p>De fait, la contestation, jusqu&#8217;ici cantonnée dans la sphère sociale, est en train de gagner la sphère politique. Là réside la première performance de Moussavi.</p>
<p>Même si les manifestants ne cherchent pas à renverser le régime mais seulement à renforcer sa composante libérale du régime, tout cela fragilise le système, ce qui explique qu&#8217;il réponde par la répression. Hier, un pas supplémentaire a été franchi avec l&#8217;arrestation de réformateurs. Cette attitude, en privant la rue de leaders capables de canaliser et d&#8217;organiser le mouvement populaire en cours, enferme le régime dans une fuite en avant. Pis, le camp conservateur montre des signes de fragilité voire de division : Moussavi a réussi à rallier certains conservateurs du régime. Là est la deuxième performance de Moussavi. De fait, les Gardiens de la Révolution s&#8217;interrogent.</p>
<p>Enfin, le Guide suprême, en donnant le sentiment d&#8217;avoir choisi son candidat en la personne d&#8217;Ahmadinejad, est sorti de sa neutralité, ce qui peut rendre sa voix moins audible auprès des manifestants. Bref, les dés sont jetés et, en coulisses, les grandes manœuvres ont commencé.</p>
<p>Comme le souligne Olivier Roy, trois issues sont possibles :</p>
<p>- soit, une escalade emporte le régime, parce que les manifestants ont réussi à entraîner avec eux le reste de la société et l&#8217;appareil policier les rejoint ;</p>
<p>- soit on revient en arrière avec la recherche d&#8217;un nouveau consensus mais Ahmadinejad devra alors se déjuger ;</p>
<p>- soit, la stabilisation politique est obtenue par la répression et alors l&#8217;Iran en sortira durablement fragilisé.</p>
<p>Alea jacta est. Nous vivons, en effet, des heures décisives.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Réélection d&#8217;Ahmadinejad : les médias occidentaux ont-ils rêvé un printemps iranien?</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 11:37:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce samedi, Mahmoud Ahmadinejad aurait été réélu Président de la République islamique d&#8217;Iran par un large score (62,6% des voix), contre son principal challenger, l&#8217;ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi.
Cette réélection serait très inquiétante en raison des présumées irrégularités dénoncées par le rival malheureux et par les violences qui, depuis, agitent Téhéran. Après les diatribes anti-occidentales de M. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi, Mahmoud Ahmadinejad aurait été réélu Président de la République islamique d&#8217;Iran par un large score (62,6% des voix), contre son principal challenger, l&#8217;ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi.</p>
<p>Cette réélection serait très inquiétante en raison des présumées irrégularités dénoncées par le rival malheureux et par les violences qui, depuis, agitent Téhéran. Après les diatribes anti-occidentales de M. Ahmadinejad, ce résultat et les circonstances de l&#8217;élection ne laissent pas présager un changement d&#8217;attitude du régime iranien, notamment sur la question du nucléaire et le respect de ses obligations internationales.</p>
<p>La réélection du Président iranien aurait aussi quelque chose de surprenant. En lisant la presse française, on avait l&#8217;impression qu&#8217;un vent de liberté, porté par une jeunesse iranienne assoiffée d&#8217;ouverture et de réformes libérales, allait souffler sur l&#8217;Iran. Reportages, témoignages, appels à la réforme, main tendue de Barack Obama au monde musulman, tout laissait croire que Moussavi allait incarner une sorte de révolution démocratique en Iran. Il n&#8217;en a rien été, semble t-il. Les médias occidentaux ont-ils rêvé un printemps iranien ?</p>
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		<title>Sri Lanka : la frilosité très regrettable de la communauté internationale</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Jun 2009 11:42:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Devant l&#8217;horreur qui se déroule devant nos yeux au Sri Lanka, j&#8217;ai souhaité que le Conseil des droits de l&#8217;Homme des Nations-Unies réagisse.
Au nom de la France, j&#8217;ai donc obtenu le soutien de 17 Etats pour la convocation d&#8217;une session spéciale de cette instance. Elle s&#8217;est tenue à Genève les 26 et 27 mai.
Le projet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Devant l&#8217;horreur qui se déroule devant nos yeux au Sri Lanka, j&#8217;ai souhaité que le Conseil des droits de l&#8217;Homme des Nations-Unies réagisse.</p>
<p>Au nom de la France, j&#8217;ai donc obtenu le soutien de 17 Etats pour la convocation d&#8217;une session spéciale de cette instance. Elle s&#8217;est tenue à Genève les 26 et 27 mai.</p>
<p>Le projet de résolution initial que nous avons présenté mettait l&#8217;accent notamment sur la situation des personnes déplacées internes, les enfants soldats, et la nécessité d&#8217;enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire et des droits de l&#8217;Homme ainsi que sur les violences commises à l&#8217;encontre des défenseurs des droits de l&#8217;Homme et des journalistes. Malheureusement, le processus n&#8217;a pas abouti. Pourquoi ?</p>
<p>Le Sri Lanka a refusé de participer aux séances de négociation sur ce texte. Aidé par 12 Etats membres du CDH (Chine, Inde, Pakistan, Cuba, Egypte, Philippines, Arabie saoudite, Bahreïn, Indonésie, Bolivie, Nicaragua et Malaisie), il a déposé son propre texte vierge de toute mention de violation des droits de l&#8217;Homme, et, bien sûr, sans reprendre les appels de Ban Ki-moon (que je soutiens) à une enquête indépendante sur les violations du droit international humanitaire pendant le conflit. Du coup, le seul point positif a résidé dans l&#8217;appel à cesser le recrutement d&#8217;enfants soldats.</p>
<p>Lors de la tournée asiatique que j&#8217;ai effectuée il y a quelques jours, j&#8217;ai bien évidemment relayé le même message. Des 40 Etats présents lors des sommets de l&#8217;ASEM et de l&#8217;ASEAN, j&#8217;ai même été la seule représentante d&#8217;un Etat à parler du Sri-Lanka.</p>
<p>Au final, je trouve l&#8217;attitude du Sri Lanka très regrettable. Celle de leurs soutiens encore plus. Cela n&#8217;empêchera pas la France à rester mobilisée, en condamnant sans ambiguïté les violations commises et en poursuivant son aide humanitaire (soutien aux ONG, aide au HCR et au CICR, hôpital de campagne près des camps de déplacés&#8230;).</p>
<p><strong></strong></p>
<p>Désormais, il faut relever le défi de la paix et bâtir les conditions d&#8217;une paix durable entre toutes les communautés qui composent le Sri Lanka. Le pays se trouve devant un enjeu politique considérable.</p>
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		<title>20 ans après Tiananmen, what else?</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Jun 2009 15:35:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Il paraît qu&#8217;en Chine, il est impossible d&#8217;évoquer les évènements de Tiananmen, dont on commémore les 20 ans. Le New York Times et l&#8217;International Herald Tribune sont devenus, dit-on, soudainement introuvables. L&#8217;accès à Youtube, Twitter et Flicker est bloqué. TV5 devient un écran noir quand on y parle de Tiananmen. Même en France, les mauvais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il paraît qu&#8217;en Chine, il est impossible d&#8217;évoquer les évènements de Tiananmen, dont on commémore les 20 ans. Le New York Times et l&#8217;International Herald Tribune sont devenus, dit-on, soudainement introuvables. L&#8217;accès à Youtube, Twitter et Flicker est bloqué. TV5 devient un écran noir quand on y parle de Tiananmen. Même en France, les mauvais génies de la Realpolitik, qu&#8217;on dit pourtant puissants, tremblent de peur à l&#8217;idée d&#8217;évoquer « les évènements ». Alors, puisque, nous, nous sommes en démocratie, souvenons-nous.</p>
<p>Tiananmen ? C&#8217;est le nom de la place sur laquelle, à partir du 15 avril 1989, date de la mort de l&#8217;ancien secrétaire général du Parti communiste chinois, Hu Yaobang, des étudiants chinois se rassemblent pacifiquement, inspirés par la revendication démocratique, le bicentenaire de la Révolution française et la glasnost soviétique. Le pouvoir répond : la nuit du 3 au 4 juin, l&#8217;armée dégage les grandes artères de Pékin, laissant derrière elle des centaines de cadavres.</p>
<p>20 ans après, malgré la chape de plomb imposée sur ces évènements, personne n&#8217;a oublié Tiananmen. Les enjeux politiques de 1989 restent valables dans la Chine de 2009. Liu Xiaobo, intellectuel, défenseur du mouvement de Tiananmen et rédacteur de la Charte 2008 appelant à des réformes politiques l&#8217;année dernière, est en résidence surveillée dans un lieu inconnu. Les Mères de Tiananmen, comme on surnomme les proches des disparus, continuent à réclamer une enquête.</p>
<p>Pis, la tragédie de Tiananmen n&#8217;a pas été soldée. Les prisonniers de 1989 sont encore derrière les barreaux. Ils doivent être libérés. Les exilés de l&#8217;époque, dont certains en France, le sont toujours. Ils doivent pouvoir rentrer en Chine, s&#8217;ils le souhaitent et en toute sécurité. Et puis, puisque le gouvernement chinois a publié récemment un plan national d&#8217;action pour les droits humains, il est temps de le mettre en œuvre. Enfin, ceux qui veulent, à l&#8217;occasion de ce triste anniversaire, commémorer leurs morts, ceux de 1989, doivent pouvoir le faire, sans risquer de lourdes peines de prison.</p>
<p>Est-ce trop demander ? Je ne le crois pas. Il en va de l&#8217;honneur de nos démocraties que de rappeler ces faits sanglants qu&#8217;on voudrait cacher et de demander à la Chine de sortir de l&#8217;immobilisme, quand il s&#8217;agit des droits civils et politiques. C&#8217;est ce que nous faisons, ici.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>En attendant Aung San Suu Kyi&#8230;</title>
		<link>http://www.rama-yade.fr/2009/06/01/en-attendant-aung-san-suu-kye/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 13:16:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>

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		<description><![CDATA[Voilà, je suis rentrée vendredi d&#8217;une tournée asiatique de 5 jours à Hanoï (Viet-nam) et à Phnom-Penh (Cambodge) où se tenaient une série de sommets Asie-Europe. Pendant le procès d&#8217;Aung San Suu Kye &#8230;
Pour la première fois, nos partenaires asiatiques ont parlé de la Birmanie et d&#8217;Aung San Suu Kyi en des termes inédits. Oui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà, je suis rentrée vendredi d&#8217;une tournée asiatique de 5 jours à Hanoï (Viet-nam) et à Phnom-Penh (Cambodge) où se tenaient une série de sommets Asie-Europe. Pendant le procès d&#8217;Aung San Suu Kye &#8230;</p>
<p>Pour la première fois, nos partenaires asiatiques ont parlé de la Birmanie et d&#8217;Aung San Suu Kyi en des termes inédits. Oui, parce qu&#8217;habitude, ils préfèrent qu&#8217;on ne se mêle pas des « affaires intérieures » d&#8217;un pays. Au nom de sa souveraineté. C&#8217;est la Thaïlande qui, très courageusement, a pris les choses en main et a demandé fermement la libération d&#8217; Aung San Suu Kye et des autres prisonniers politiques. D&#8217;autres ont embrayé sur le souhait que se tiennent en 2010 des élections justes et démocratiques. La Chine, habituellement réticente, n&#8217;a pas été, cette fois, un obstacle. Nyan Win, le Ministre birman des Affaires étrangères puis son adjoint ont tenté de se justifier mais ils sont apparus bien isolés. Alors, ils se sont indignés, accusant les Asiatiques de se mêler de ce qui ne les regarde pas.</p>
<p>Du coup, les Européens, satisfaits, n&#8217;avaient plus qu&#8217;à embrayer, exprimant le souhait que Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations-Unies se rende en Birmanie, réclamer des ouvertures politiques. Ce qu&#8217;il fera sans doute en juillet. Au moment du procès d&#8217;Aung San Suu Kyi, puisqu&#8217;on nous dit que celui-ci risque de durer plusieurs mois.</p>
<p>Il faudra saisir l&#8217;occasion de cette visite pour renforcer la pression politique sur la Birmanie. Car, comme je l&#8217;ai dit à nos amis asiatiques, l&#8217;intégration régionale en Asie ne pourra se faire sur le même modèle à succès que celui de l&#8217;Union européenne, avec une telle épine dans le pied qu&#8217;est la Birmanie.</p>
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		<title>La Corée du Nord, dernier Etat totalitaire</title>
		<link>http://www.rama-yade.fr/2009/06/01/la-coree-du-nord-dernier-etat-totalitaire/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 09:51:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[« Que faire de la Corée du Nord? Rien » m&#8217;avait dit Pierre Rigoulot, l&#8217;historien spécialiste de la Corée du Nord, rencontré l&#8217;année dernière : « juste en parler mais en parler ». Triste verdict. Mais il avait raison.
Alors, en cette période où les tirs nucléaires de la Corée du Nord menacent le monde, je vous conseille de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« Que faire de la Corée du Nord? Rien » m&#8217;avait dit Pierre Rigoulot, l&#8217;historien spécialiste de la Corée du Nord, rencontré l&#8217;année dernière : « juste en parler mais en parler ». Triste verdict. Mais il avait raison.</p>
<p>Alors, en cette période où les tirs nucléaires de la Corée du Nord menacent le monde, je vous conseille de voir le documentaire d&#8217;Alexandre Dereims « <a href="http://www.publicsenat.fr/emissions/documentaire/han-le-prix-de-la-liberte/58186">Han, le prix de la liberté</a> ».</p>
<p>C&#8217;est le 30 avril dernier, dans les locaux de l&#8217;Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle, que je l&#8217;ai vu, à l&#8217;occasion d&#8217;une projection du film organisée par Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.</p>
<p>Film rare, qui parle des Nord-Coréens, leurs conditions de vie tragiques, les grandes famines, les camps de concentration pour prisonniers politiques, l&#8217;enfermement mental, la paranoïa du parti unique, les exécutions sommaires, leurs fuites désespérées vers la Corée du sud, leur vie d&#8217;immigrés en Chine.</p>
<p>Bref, il faut regarder ce documentaire pour comprendre ce qui se passe en Corée du Nord. Le dernier Etat totalitaire.</p>
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		<item>
		<title>Rama Yade félicite les 4 femmes députées, élues samedi au Parlement du Koweït</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2009 07:35:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Revue de presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Lire sur le JDD.fr
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/international/200921/koweit-yade-felicite-les-elues_209993.html?popup">Lire sur le JDD.fr</a></p>
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		<item>
		<title>Par la connaissance vers la justice</title>
		<link>http://www.rama-yade.fr/2009/05/16/par-la-connaissance-vers-la-justice/</link>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2009 08:16:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Tribunes et discours]]></category>
		<category><![CDATA[LGBT]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://www.rama-yade.fr/2009/05/16/par-la-connaissance-vers-la-justice/"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/05/ceremoniememoire-300x225.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="Cérémonie en mémoire des victimes de l" /></a>J’ai voulu être avec vous aujourd’hui pour être aux cotés de la mémoire de tous ces hommes et toutes ces femmes vaillants, courageux, qui ont vu leur vie détruite simplement parce que leur désir était différent et qu’ils n’ont pas voulu le cacher, pour vivre en hommes et femmes libres. C’est pour unir ma pensée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="lightbox" title="Cérémonie en mémoire des victimes de l'homophobie" href="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/05/ceremoniememoire.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1580" title="Cérémonie en mémoire des victimes de l'homophobie" src="http://www.rama-yade.fr/wp-content/uploads/2009/05/ceremoniememoire-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>J’ai voulu être avec vous aujourd’hui pour être aux cotés de la mémoire de tous ces hommes et toutes ces femmes vaillants, courageux, qui ont vu leur vie détruite simplement parce que leur désir était différent et qu’ils n’ont pas voulu le cacher, pour vivre en hommes et femmes libres. C’est pour unir ma pensée aux vôtres, dire leur souvenir. Non, ils ne sont pas oubliés. Ils nous ont montré la voie.</p>
<p>Cette voie vous savez que nous la suivons avec acharnement. Sous l’impulsion du Président de la République, depuis plus d’un an désormais, la France porte la lutte contre l’homophobie sur la scène internationale. Aujourd’hui encore plus de 80 pays pénalisent l’homosexualité, 8 d’entre eux prévoient la peine capitale.</p>
<p>Le premier pas il y un an a été la reconnaissance par la France de la journée IDAHO. J’ai eu le plaisir de porter cette annonce au nom du Gouvernement français, et nous nous étions donné rendez-vous aujourd’hui. Il ne suffisait pas de dire, il fallait agir. Nous avons agi.</p>
<p>Deuxième évènement historique : nous avons franchi ensemble un pas majeur dans la marche vers la dépénalisation universelle de l’homosexualité. La déclaration portée par la France et les Pays-Bas le 18 décembre dernier aux Nations-Unies a réuni la signature de 66 pays, 67 aujourd’hui avec la décision des Etats-Unis de s’y associer. En 2005, 32 signatures avaient été réunies sur un tel texte porté par la Nouvelle-Zélande ; en 2006, 54 signatures sur le texte porté par la Norvège ; aujourd’hui 13 pays de plus. La tentative de contre-déclaration portée par la Syrie n’a recueilli que 59 signatures. Les équilibres s’inversent. La balance commence à pencher du côté de la justice, des droits de l’Homme, de la liberté.</p>
<p>Enfin, troisième évènement historique : c’est la première fois qu’un membre du Gouvernement participe, depuis la deuxième Guerre mondiale, à une cérémonie en hommage aux victimes de l’homophobie pendant la guerre.</p>
<p>Nous avons donc mobilisé toutes nos forces. A tous les niveaux. J’ai demandé que toutes nos ambassades reçoivent des instructions opérationnelles pour prendre des initiatives concrètes en faveur de la promotion des droits de l’Homme des personnes LGBTI et pour soutenir les défenseurs des droits de l’Homme oeuvrant contre les discriminations dont elles sont victimes. Souvent dans les coulisses, nous avons œuvré sans relâche sur les cas d’homophobie qui nous étaient signalés. Parfois avec succès, et je pense aux 9 sénégalais emprisonnés et désormais libres, parfois avec moins de succès, j’ai eu l’occasion d’exprimer publiquement combien je déplorais la récente pénalisation de l’homosexualité au Burundi.</p>
<p>Vous le savez, lutter contre les discriminations n’est ni l’affaire d’un jour, ni l’affaire d’une seule personne. C’est un long chemin d’espérance, tracé par ceux dont nous honorons aujourd’hui la mémoire, porté par ceux qui, comme vous, comme moi, s’y consacrent aujourd’hui, pour que, demain, nos successeurs soient plus proches de notre objectif commun : une véritable universalité des droits de l’Homme dans le monde.</p>
<p>Alors il fallait aussi maintenir, renforcer la dynamique engagée pendant ces derniers mois. Le congrès mondial que j’ai organisé hier avec le soutien de la Norvège et des Pays-Bas a réuni 5 Ministres (Pays-Bas, Norvège, République centrafricaine, Gabon, Serbie), une centaine d’officiels de plus de 70 pays, des représentants des institutions internationales (HCDH, Conseil de l’Europe, OSCE, PNUD, ONU Sida…) et surtout  environ 180 personnes de la société civile dont 80 ONGs du Sud. Certaines d’entre elles ont pris des risques du seul fait de s’exposer en répondant à notre invitation.</p>
<p>Tous ensemble, nous avons travaillé à élaborer une stratégie pour prolonger et renforcer la dynamique internationale créée autour de la déclaration de décembre. Un nouveau pas vient d’être franchi. Non sans difficultés. L’espoir est là aussi. Toutes ces personnes présentes hier, engagées dans une lutte quotidienne dans leur pays, connaissent la valeur de l’action menée. Nous voulons nous construire l’avenir. Il est à l’échelle du monde.</p>
<p>L’une des devises les plus connues de Magnus Hirschfeld était « par la connaissance vers la justice ». La connaissance est multiple, mais celle que nous avons et que vous rappelez aujourd’hui est précieuse et doit trouver toute sa place dans cette « marche vers la justice » : c’est la connaissance d’une persécution systématique des homosexuels, aux côtés de cette monstruosité humaine qu’a été la shoah. C’est pourquoi je suis fière d’être parmi vous pour m’associer à l’hommage aux victimes de la déportation et, parmi elles, celles qui se sont vues entraîner dans cette horreur du seul fait de leur sexualité.</p>
<p>On se souvient des calculs d’Himmler : pour les nazis, les homosexuels représentaient un danger pour la race aryenne dont ils ne permettaient pas la reproduction. Voilà la raison qui a conduit 10.000 à 15.000 personnes en camp de concentration, 60% d’entre eux à la mort. Mais rappelons nous aussi que l’Allemagne nazie n’était pas la seule à développer, à cette époque, une persécution active. C’est aussi ça la connaissance, c’est aussi ça que porte votre cérémonie dédiée à l’hommage aux victimes de l’homophobie.</p>
<p>Dans cette longue liste de la barbarie les exemples ne manquent pas dans notre seule histoire récente : souvenons-nous de la décision d’officiers du centre d’entraînement naval de Newport en 1919 d’envoyer des « appâts » dans des escadrons pour détecter les homosexuels, souvenons nous du « D » de dégénéré que certains GI’s suspectés d’homosexualité devaient porter en guise de punition dans les années 30, de la campagne anti-lesbiennes conduite en angleterre en 1928 à la suite de la publication du livre de Radcliffe-Hall, « le puits de la solitude », des hôpitaux, des cours martiales des années 40, de la surveillance étroite de certains groupes homosexuels conduite en France dans ces mêmes années. Oui, la liste est longue. Trop longue.</p>
<p>Connaissance et mémoire sont liés. Le régime nazi a détruit les 10.000 livres de l’institut Hirschfield à Berlin, les résultats du questionnaire de 130 questions qu’il avait envoyé à 10.000 personnes mais il n’a pas détruit la mémoire de leur existence. Pas plus que tous ceux qui se sont attaqués avec violence aux homosexuels n’ont détruit la mémoire de leurs vies. L’action des associations, et en particulier la vôtre, « les oubliés de la mémoire », contribue à cette connaissance, et je veux la saluer. C’est une action juste, méritante, digne.</p>
<p>De nombreuses femmes, de nombreux hommes sont tombés de tout temps victimes de la barbarie. Parmi eux, des homosexuels, des lesbiennes, des transsexuels dont le seul crime était de vouloir vivre librement leur sexualité. Avec leur mémoire vivante, célébrons la liberté, construisons la ensemble. Pour qu’un jour cela n’arrive plus.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
<p>Discours prononcé en hommage aux victimes de l&#8217;homophobie dans l&#8217;histoire, manifestation organisée par l&#8217;association &#8220;<a href="http://www.devoiretmemoire.org/">les oubliés de la mémoire&#8221;</a>.</p>
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