Tahrir, le mot sonne comme un rugissement.
Celui des peuples arabes qui s’éveillent à la démocratie et à la liberté.
Et c’est en français qu’ils ont manifesté : « dégage ! ». Les mots manquent pour dire l’indéfinissable émotion de ce printemps exceptionnel, comme nous le connûmes en 1789. Comme les pays d’Europe de l’Est l’éprouvèrent dans les années 90. Le Caire, si près et si loin. Comme quoi, les peuples arabes ont prouvé, s’il le fallait, que les droits de l’homme ne sont pas faits que pour nous, les Occidentaux. Qu’eux aussi méritent de vivre en hommes debout.
Et nous, nous mégotons. Brandissons la menace islamiste. Agitons le chiffon rouge du chaos. Restons à la traîne. Prédisons que le pire est à venir. Scrutons les Frères musulmans au Caire, à défaut d’en avoir vu à Tunis. Avec nos vieilles lunettes, nous voyons venir la révolution islamique d’Iran. N’aurions-nous jamais le droit d’espérer ? Que ne leur faisons-nous pas confiance, à ces peuples qui viennent, au-delà de la peur, de prouver leur maturité politique ! Tout seuls. Face à un Occident, tétanisé, jusqu’à oublier comment lui-même était devenu libre et démocratique.
Les vieux raïs arabes, gages d’une soit-disante stabilité régionale, n’étaient donc que des feux de paille, qu’une foule hurlante a chassés en quelques jours, alors que nous nous en étions accommodés pendant des décennies.
Qu’attendons-nous pour rugir avec la place Tahrir ?
Avec cette vieille civilisation qu’est l’Egypte dont la jeunesse vient de nous donner une extraordinaire leçon de liberté ? Au moment où l’Europe se ferme un peu plus, avec la montée des extrêmes-droites, qui, eux, n’aiment ni la liberté ni la démocratie.
Oui, on peut être musulman et vouloir être libre. Oui, on peut être arabe et refuser l’obscurantisme islamiste. Ces jeunes hommes et femmes (dont le rôle puissant aura marqué ces révolutions de leur emprunte) n’ont pas crié : « à bas Israël ». Ils n’ont pas dit : « Haro sur l’Occident ». Ils n’ont pas hurlé : « Vive Al Qaïda ».
C’est une génération éduquée qui demande des emplois et des libertés. Comme nous, en somme. Alors, ne restons pas tétanisés par nos vieilles peurs.
Notre pays doit être aux avant-postes. Il ne nous appartient pas. Nous n’en sommes que les héritiers temporaires. C’est une France forte que nous avons reçue de nos parents. C’est une France forte que nous devrons léguer à nos enfants. Notre politique étrangère devra désormais, de Cuba à la Chine, tendre la main aux dissidents d’aujourd’hui qui, du fond de leurs geôles, seront sans doute des héros demain, les futurs bâtisseurs de pays démocratiques et libres. Voyons-les. Parlons-leur. Ne restons pas hors du monde. Soyons audacieux. N’ayons pas peur de la liberté. Eux, là-bas sur Tahrir, comme nous naguère à la Bastille, n’ont peur de rien.
Rappelons-nous, surtout nous Français, qui nous sommes : les pionniers de la liberté politique. Les Tunisiens et les Egyptiens sont nos cousins de combat. Et d’espérance. L’Histoire n’est pas finie. C’est une bonne nouvelle.
[...] Ils ont crié: »Allah Akbar ».
PS Tahrir=Libération et je reviens avec un de mes textes préférés.
[...] « Personne n’ignore qu’il y a deux entrées par oû les opinions sont reçues dans l’âme,qui sont ses deux principales puissances,l’entendement et la volonté.La plus naturelle est celle de l’entendement,car l’on ne devrait jamais consentir qu’aux vérités démontrées,mais la plus ordinaire,quoique contre la nature,est celle de la volonté,car tout ce qu’il y a d’hommes sont presque tjrs emportés à croire non pas par la preuve,mais par l’agrément.Cette voie est basse,indigne et étrangère,aussi tout le monde la désavoue.Chacun fait profession de ne croire et même de n’aimer que s’il sait le mériter.Je ne parle pas ici des vérités divines,que je n’aurais garde de faire tomber sous l’art de persuader,car elles sont infiniment au dessus de la nature,Dieu seul peut les mettre dans l’âme,et par la manière qu’il lui plaît.Je sais qu’il a voulu qu’elles entrent du coeur dans l’esprit,et non pas de l’esprit dans le coeur,pour humilier cette superbe puissance du raisonnement,qui prétend devoir être juge des choses que la volonté choisit,et pour guérir cette volonté infirme,qui s’est toute corrompue par ses sales attachements.Et de là vient qu’au lieu qu’en parlant des choses humaines,on dit qu’il faut les connaître avant de les aimer,ce qui a passé en proverbe,les saints au contraire disent en parlant des choses divines qu’il faut les aimer pour les connaître,et que l’on entre dans la vérité que par la charité,dont ils ont fait une de leurs plus utiles sentences.En quoi il paraît que Dieu a établi cet ordre surnaturel,et tout contraire à l’ordre qui devait être naturel aux hommes dans les choses naturelles.Ils ont néanmoins corrompu cet ordre en faisant des choses profanes ce qu’ils devaient faire des choses saintes,parce qu’en effet nous ne croyons presque que ce qui nous plaît.Et de là vient l’éloignement oû nous sommes de consentir aux vérités de la religion chrétienne,tout opposée à nos plaisirs. »Dîtes-nous des choses agréables et nous vous écouterons »,disaient les juifs à Moïse,comme si l’agrément devait régler la créance…! Et c’est pour punir ce désordre par un ordre qui lui est conforme,que Dieu ne verse ses lumières dans les esprits qu’après avoir dompté la rébellion de la volonté par une douceur toute céleste qui le charme et qui l’entraîne.Je ne parle donc que des vérités de notre portée,et c’est d’elles que je dis que l’esprit et le coeur sont comme les portes par oû elles sont reçues dans l’âme,mais que bien peu entrent par l’esprit,au lieu qu’elles y sont introduites en foule par les caprices téméraires de la volonté,sans le conseil du raisonnement ». »De l’esprit géométrique »,deuxième partie (De l’art de persuader). Blaise Pascal.
[...] Aux noms de tous les français et par les pouvoirs qui vous sont confédérés,chère Rama,pouvez-vous aider Florence Cassez,elle n’a pas tué,à ce que nous sachions…? (60 ans de prison,c’est une abberation et une formidable injustice).
Merci beaucoup.
http://lci.tf1.fr/monde/amerique/les-proches-de-florence-cassez-recus-aujourd-hui-a-l-elysee-6274986.html
http://videos.tf1.fr/infos/2011/jeannette-bougrab-sur-fun-radio-6279480.html
Bravo pour cette prise de position courageuse et lucide. Voilà qui fait du bien ! Nous finissions par nous résigner d’avoir en France le personnel politique européen le moins enclin à se réclamer des droits de l’Homme. Un paradoxe pour un pays qui, comme vous le dites, se prétend par ailleurs « la patrie des droits de l’Homme » et qui, du reste, dans sa pratique diplomatique quotidienne, est bien souvent admirable. Par cette prise de parole publique et la doctrine cohérente que vous formulez, vous sauvez l’honneur – ce qui est une chose importante – mais surtout vous contribuez à ranimer l’espoir que beaucoup ont encore de voir la France retrouver et incarner ses valeurs. Merci !
Olivier de Frouville, professeur de droit public, membre du Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires, membre de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme française.
Je voudrais juste qu’on transmette à R. Yade mes remerciements pour son magnifique article du Monde du 17/2
http://videos.tf1.fr/infos/2011/libye-je-n-ai-pas-peur-de-mourir-6285269.html
http://www.youtube.com/watch?v=9hwZiubvUSg
http://www.france-info.com/monde-afrique-2011-03-20-la-mort-du-blogueur-anti-kadhafi-mohammed-nabbous-523134-14-18.html
http://www.youtube.com/watch?v=xDPro7wh0tk
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_Nabbous
Mais qu’apprend-je ? Dans les colonnes du Monde et ici, la Rama Yade qu’on aime est de retour !
Je souscris totalement à vos propos, bravo à vous Mme Yade pour ces prises de position courageuses, vous avez tout mon soutien.
La lutte continue, aujourd’hui c’est Kadhafi qui se sert de son propre peuple comme d’un paillasson…
[...] Il serait en fuite pour le Venezuela. Mdr
http://lci.tf1.fr/monde/afrique/libye-kadhafi-en-fuite-6286127.html
[...]« Les peuples des pays chauds sont timides comme les vieillards le sont,ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens.(…)Nous sentons bien que les peuples du nord,transportés dans les pays du midi,n’y ont pas fait d’aussi belles actions que leurs compatriotes qui,combattant dans leur propre climat,y jouissent de tout leur courage.(…) Vous trouverez dans les climats du nord des peuples qui ont peu de vices,assez de vertus,beaucoup de sincérité et de franchise.Approchez des pays du midi,vous croirez vous éloigner de la morale même,des passions plus vives multiplient les crimes.(…)La chaleur du climat peut-être si excessive que le corps y sera absolument sans force.Pour lors l’abattement passera à l’esprit même:aucune curiosité,aucune noble entreprise,aucun sentiment généreux,les inclinations y seront toutes passives,la paresse y sera le bonheur.La plupart des peuples des côtes de l’Afrique sont sauvages ou barbares.Je crois que cela vient beaucoup de ce que des pays presque inhabitables séparent de petits pays qui peuvent être habités.Ils sont sans industrie,ils n’ont point d’art,il ont en abondance des métaux précieux qu’ils tiennent immédiatement des mains de la nature.Tous les peuples policés sont donc en état de négocier avec eux avec avantage,ils peuvent leur faire estimer beaucoup des choses de nulle valeur,et en recevoir un très grand prix ».
Source- »L’esprit des lois ».
Il est clair que Montesquieu était raciste, sa théorie des climats visant à classer les peuples selon les latitudes, créant une hiérarchie de supériorité des pays du Nord (l’Occident actuel) sur les pays du Sud (l’Afrique, l’Amérique Latine, l’Océanie) en est bien un symptôme.
Son texte également sur la reconnaissance des esclaves comme des êtres humains anormaux qui a été analysé comme ironique par des générations de lycéens (dont j’étais) n’est en fait pas du tout ironique et révèle une vérité affreuse : Montesquieu juge les esclaves inférieurs.
Lire à ce sujet l’oeuvre d’Odile Tobner, du racisme français, aux éditions Les arènes.
L’avis d’un raciste de plus, fut-il Montesquieu, n’a que peu de poids.
[...]« La force principale de la religion vient de ce qu’on la croit,la force des lois humaines de ce qu’on les craint ».
« L’amour de la démocratie est celui de l’égalité ».
@ »dgidgi »…!
[...] Je ne pense pas que Montesquieu était raciste,il faut savoir le lire,il dressait des constats,surtout ne pas le lire au premier degré,il était sans doute ironique en dénonçant l’esclavage,forçant ainsi le lecteur à réfléchir,mettant ainsi en relief la psychologie du raciste,et le deuxième degré est sensible par l’absurdité du raisonnement,il accuse au contraire et dénonce les colons,les négriers,les rois et la religion complice,Montesquieu exprime son humanité,sa raison d’être et son christianisme,il avait un idéal de liberté contre l’esclavage,il parlait comme s’il était esclavagiste,mais ses arguments s’autodétruisaient parce que justement ils étaient absurdes,bref,c’est un homme du passé qui était attaché aux privilèges de sa caste et qui n’avait pas prévu la révolution industrielle.
Et si justement, et c’est bien pour cela que je suis intervenu. Ce n’était pas de l’ironie, mais c’était bien la réalité du personnage : il était raciste.
La référence à l’église n’est que de peu d’aide : l’église a fortement encouragé l’esclavage, elle a aidé les monarques du XVIIème dans leur quête d’Eldorado. Quelques prêtres se sont opposés (Las Casas vs Colomb), mais l’Eglise officielle soutenait l’esclavage, en évangélisant les esclaves afin qu’ils supportent mieux leur condition de retention qu’avec leurs religions traditionnelles.
Pour en revenir à Montesquieu, sa théorie des climats est bien un racisme pur, elle ne vise qu’à justifier (à tort) la supériorité de l’homme occidental sur le reste de la planète. Il a écrit :[i]« les nègres sont si naturellement paresseux que ceux qui sont libres ne font rien, et la plupart sont entretenus et nourris par ceux qui sont serfs ou demandent l’aumône, ou sont misérables »[/i] dans ses [i]Pensées [/i]. Cela vaut largement les paroles du parfumeur du XXIème siècle.Il justifiait l’esclavage, tout en étant vertueux dans les principes, mais accommodant avec les pratiques de l’époque.Il n’y a rien d’ironique dans ses textes, il décrit les choses telles qu’il les pense, sans aucune ironie. C’est Lagarde et Michard qui prétendent depuis plusieurs générations que le texte : [i]De l’esclavage des nègres [/i] est ironique, alors que rien n’y est ironique.
Encore une fois, lisez Odile Tobner, et revenez discuter après cela.
[...] « dgidgi »,je pense qu’il faut être plus modéré,vous interprêtez trop Monstequieu au premier degré à priori notamment,peut-être exclusivement sur son ouvrage « De l’esprit des lois »,alors qu’il faut apprendre à le connaître sur l’ensemble de son oeuvre,c’était un homme humoriste,ironique et satirique mais qui était aussi un moraliste humaniste avant tout,qui de plus était considéré par Keynes (1883-1946)comme le plus grand économiste que la France ait connu le comparant même à Adam Smith,c’est peu dire.
[...] D’autres parts,les races n’existent pas en ce qui concerne l’être humain/l’espèce humaine,il n’y a qu’une seule race,la race humaine.
@ »la route est droite mais la pente est forte »
sachez que soutenir que Montesquieu n’était pas ironique n’est pas aisé, car tout le monde s’entend pour le juger humoriste ou ironique. Cependant, cette ironie n’est jamais démontrée, jamais dénoncée ni par lui, ni par es contemporains. Ce sont ses lecteurs des autres siècles qui le jugent ironique, mais sans jamais le prouver, sans jamais sortir de la tautologie : c’est ironique parce que c’est de l’ironie.
Il faut regarder les choses en face : jamais Montesquieu n’a fait lui même l’aveu d’utiliser l’ironie, il parle au premier degré.
Sur la remarque relative à la négation de la notion de race chez les humains, si je comprends la notion de négation de l’idée de race(j’ai moi-même soutenu les mêmes idées jusque récemment), il faut être plus nuancé.
Ne pas confondre en particulier espèce et race. L’interfécondité, cela caractérise l’espèce, il n’y a qu’une espèce humaine, nous sommes tous interféconds. Après, c’est la communauté scientifique qui refuse de reconnaître l’existence de différentes races humaines, comme il existe différentes races chez les animaux ou chez les plantes. Tout simplement parce que les critères de différenciations sont trop nombreux et trop complexes et qu’on ne saurait où classser tous les types de métissages possibles. En gros, il y aurait quasiment autant de races humaines que d’êtres humains différents. D’où la difficulté de parler de races au sein de l’humanité.
Cela n’empêche pas d’évoquer le racisme, qui est à mon sens une manière de vouloir classer les différentes sortes d’humains ( complexe de supériorité ou d’infériorité selon le point de vue). Cela n’empêche surtout pas d’exprimer l’idée que nous devons nous respecter tous, admettre nos différences et que nous sommes tous au même niveau de développement.
Pas seulement des peuples arabes, mais des peuples des peuples arabes, magrébins, berbères, sud africains et africains. Et pas seulement musulmans, mais quelque soit ses convictions religieuses (Athées, laïques, agnostiques, déistes ou autre). Un seul objectif et une seule volonté commune : « Le respect des droit de l’homme »
L’algérien, kabyle !
Attention à la vérité, contrairement à ce que vous dites, place Tahrir les gens ont crié aussi « tous à Jérusalem ». Ne vous trompez pas d’amis, l’empire colonial d’israël est en train d’être jugé pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Renseignez-vous, après il sera trop tard. Le boycott d’israël se fait au nom des valeurs de l’humanité que De Gaulle que vous vous appropriez avait déjà initié en son temps. Sachez qu’en choisissant le camps des criminels de guerre vous faites de l’apologie de crime de guerre et que cela est punissable par la loi. Le vent de liberté atteindra bientôt la Palestine et alors que direz vous aux 7OO 0OO déportés de 1948 et aux 11000 prisonniers d’opinion ?
Ci-dessous l’article du Progrès du 18.02.2011
l’ambassadrice à l’Unesco Rama Yade, invitée d’honneur de ce dîner, s’est à son tour porté au secours de l’état d’Israël qui doit « vivre en paix et en sécurité ». « L’antisionisme sert de prétexte à l’antisémitisme », a-t-elle estimé en apportant que le garde des Sceaux, Michel Mercier, présent au repas, avait donné instruction au procureur de poursuivre les auteurs du boycott « chaque fois que les actes sont constitués ».
NB être antinazis ne nous fait pas anti allemands cessez ces insultes , le sionisme est un colonialisme d’apartheid qu’en tant que descendante de colonisés vous feriez bien de comprendre. Un état juif n’est-ce pas le pendant d’un état aryen ? Tous les hommes naissent libres et égaux en droit , sauf en israël ?
[...] Et l’Arabie,c’est oû,dîtes…? C’est par là,mec.