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Rama Yade

Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas la venue du printemps


Madame la directrice, chers professeurs, chères élèves, permettez-moi d’abord de vous exprimer le plaisir particulier que j’ai d’être ici, parmi vous. A vous d’abord, chères élèves, parce que vous êtes l’avenir de l’Afghanistan, parce que vous êtes son espérance, et parce que l’éducation est la condition de votre liberté.Aux professeurs, je vous voudrais dire tout mon respect pour l’œuvre que vous accomplissez, car éduquer, c’est rendre libre. Une grande figure de la Révolution française, Danton, disait : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple. »Il n’y a en effet rien de plus important pour l’avenir et le progrès d’une société que l’éducation. L’éducation, c’est l’ouverture aux autres, c’est l’ouverture au monde, c’est l’ouverture à soi-même.

C’est sur cette conviction que le savoir et l’éducation permettent à l’humanité de grandir, de progresser et de mieux se comprendre, quelles que soient les différences de traditions ou de croyances,  que nos deux peuples, afghans et français, se sont rapprochés.

D’abord par un accord archéologique entre nos deux pays en 1922, puis par la création de deux lycées français à Kaboul, celui d’Esteqlal et le vôtre, le lycée Malalaï.

Nos deux pays ont des relations anciennes :

La visite officielle à Paris du roi Mohammed Zaher Chah, reçu par le général de Gaulle, la visite dans votre pays du premier ministre Georges Pompidou en 1968, sont des dates marquantes de la volonté commune de nos deux pays de resserrer leurs liens.

Je suis venue vous redire la solidarité de la France avec la nation afghane. Je suis venue vous dire son respect et son amitié. Je suis venue vous dire que les Français n’ont jamais cessé, pendant les moments difficiles que les Afghans ont connus, de penser à eux.

Dans les années 80, de nombreux médecins français dont Bernard Kouchner, l’actuel ministre français des Affaires étrangères, les « french doctors », comme on les appelait, sont venus chez vous soigner les blessés de la guerre contre les Soviétiques.

Pourquoi ? Parce qu’ils pensaient que l’homme est universel, et que, comme l’écrivait l’écrivain français André Malraux, «  une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. »

La mission de la France en Afghanistan, c’est de vous aider à développer votre système de soins, votre système éducatif, votre agriculture, à construire un Etat fondé sur le droit.

Elle est aussi d’aider le peuple afghan à se réconcilier et à retrouver la paix. Dix jeunes soldats français ont donné  leur vie dans l’accomplissement de cette mission.

C’est d’abord à vous qu’il va incomber de construire votre pays et de le conduire vers le progrès.

Depuis trop d’années, la guerre ensanglante votre pays. Depuis trop d’années, l’homme souffre de l’homme. Depuis trop d’années, l’Afghanistan n’a pas connu la paix.

Le pays de  Rabéa de Balkh, Sanaï de Ghazni , de Roumi de Balkh, de Djami de Hérât, de Behzad de Hérât,  du roi-écrivain-bâtisseur Baber de Kaboul, et de tant d’autres, mérite mieux que l’hiver sombre où il a été plongé.

Le printemps viendra, le printemps va venir, vous en êtes les messagers, et, comme le dit un proverbe afghan, « ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas la venue du printemps ».

La France ne vous abandonnera pas.

Je vous remercie.

(Allocution au lycée de Malalaï)

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Un commentaire


  1. serrurier dit :

    la vie et rien d’autre,


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